Sri Lanka: escale controversée d’un navire océanographique chinois

Cette visite, qui inquiète l’Inde, illustre la dépendance de Colombo à l’égard de Pékin.

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Sri Lanka: escale controversée d’un navire océanographique chinois
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Un navire de recherche chinois a accosté mardi dans le port sri-lankais de Hambantota, géré par une entreprise chinoise, ont annoncé les autorités portuaires, malgré les inquiétudes de l’Inde et des États-Unis, qui craignent que la Chine ne se livre à des activités d’espionnage.

Le Yuan Wang 5 a été accueilli par des danseurs et percussionnistes traditionnels et plusieurs députés sur un tapis rouge. L'ambassadeur de Chine au Sri Lanka, Qi Zhenhong, a déclaré aux journalistes, lors de la cérémonie, que la visite du navire entrait dans le cadre des "échanges normaux entre les deux pays". La Chine et le Sri Lanka "jouissent d'une amitié exceptionnelle", a-t-il ajouté.

Le Yuan Wang 5 a été autorisé à accoster à condition qu'il n'effectue aucune recherche pendant son séjour dans les eaux sri-lankaises, ont déclaré les responsables du port, après des consultations avec l'Inde, les États-Unis et la Chine. Le bateau devra également garder son système d'identification automatique (AIS) allumé dans la zone économique exclusive du Sri Lanka.

Guidage de missiles balistiques

Il est présenté par des sites spécialisés comme un navire "de recherche et d’étude", mais, selon la chaîne indienne CNN-News18, il s’agit d’un bâtiment d’espionnage à double usage, employé pour le suivi de l’espace et des satellites, et utilisé spécifiquement pour les lancements de missiles balistiques intercontinentaux.

En 2017, Colombo s’était retrouvé dans l’incapacité d’assurer le service de sa dette de 1,4 milliard de dollars contractée auprès de Pékin pour la construction de Hambantota et avait dû céder le port pour 99 ans à une entreprise chinoise.

La Chine reste le principal créancier bilatéral du Sri Lanka, détenant plus de 10 % de sa dette extérieure. Le soutien de Pékin est essentiel pour que le pays, plongé dans une grave crise économique, puisse restructurer sa dette avant de pouvoir prétendre à l’aide du FMI.