Le Japon espère des liens "constructifs et stables" avec la Chine

Le Japon tend la main à la Chine dans un climat de tension.

Le Japon espère des liens "constructifs et stables" avec la Chine
©AP

Le Japon a dit jeudi espérer des liens "constructifs et stables" avec la Chine, le jour du cinquantième anniversaire de la normalisation de leurs relations diplomatiques qui demeurent tendues.

Le Japon s'inquiète de la puissance militaire et des ambitions régionales de plus en plus affirmées de la Chine, tandis que Pékin perçoit souvent Tokyo comme un simple vassal des Etats-Unis.

Aucune cérémonie officielle d'envergure pour marquer les 50 ans des relations entre les deux pays voisins n'a ainsi été organisée jeudi.

A la place, des messages du Premier ministre japonais Fumio Kishida et du président chinois Xi Jinping ont été lus à un événement organisé par le syndicat patronal japonais Keidanren et soutenu par le gouvernement nippon et l'ambassade de Chine à Tokyo, mais en l'absence des deux dirigeants.

"J'aimerais créer des liens sino-japonais constructifs et stables, pour la paix et la prospérité de nos deux nations, mais aussi pour toute la région et le monde entier", a dit M. Kishida.

Si les relations avec la Chine "ont beaucoup de potentiel", elles font aussi face à de "nombreux défis", a-t-il souligné.

Xi Jinping a déclaré de son côté que les liens avec le Japon étaient d'une "grande importance" pour son pays et qu'il voyait ce cinquantième anniversaire comme une "opportunité" pour les améliorer.

Les deux pays devraient "travailler ensemble pour bâtir une relation sino-japonaise conforme aux exigences des temps nouveaux", a dit M. Xi dans son message.

La Chine et le Japon, respectivement deuxième et troisième économies mondiales, sont d'importants partenaires commerciaux. Et il y a quelques années encore, leurs liens diplomatiques semblaient prêts à s'embellir avec un projet de visite d'Etat de Xi Jinping au Japon, reporté sine die début 2020 à cause de la pandémie.

Mais leurs relations se sont de nouveau dégradées depuis, sur fond de plaies historiques mal cicatrisées (les exactions de l'armée japonaise en Chine dans la première moitié du XXe siècle) et de contentieux territoriaux.

Début août, alors que les tensions sino-américaines sur Taïwan étaient montées d'un cran, des missiles chinois seraient tombés dans la zone économique exclusive du Japon qui a vivement protesté.

L'activité chinoise s'est aussi intensifiée autour d'îlots inhabités en mer de Chine orientale, appelés Senkaku par Tokyo qui les administre et Diaoyu par Pékin qui en revendique la souveraineté.

L'invasion russe de l'Ukraine depuis février a également creusé le fossé entre le Japon, qui soutient le camp occidental, et Pékin, qui ménage Moscou.

Malgré ce contexte difficile, les médias nippons ont récemment évoqué la possibilité d'une rencontre dans les prochains mois entre MM. Xi et Kishida, en personne ou en ligne.