Le parlement de Malaisie dissous, élections anticipées en vue

Le Premier ministre malaisien a annoncé lundi la dissolution du parlement, ouvrant la voie à des élections anticipées destinées à rétablir une stabilité politique dans le pays d'Asie du Sud-Est qui a connu trois gouvernements en quatre ans.

Le parlement de Malaisie dissous, élections anticipées en vue
©AFP

"J'ai rencontré hier le roi (...) et ai demandé sa permission pour dissoudre le parlement. Le roi a donné son accord", a indiqué Ismail Sabri Yaakob dans un discours télévisé.

Les prochaines élections étaient prévues en septembre prochain mais le Premier ministre a subi d'importantes pressions de son parti, l'Organisation nationale unifiée malaise (Umno), pour dissoudre le parlement et déclencher des élections anticipées dans l'espoir de renforcer sa majorité qui était très mince.

"J'espère que le peuple va utiliser son vote de façon avisée pour la stabilité, la croissance économique et l'harmonie du pays", a déclaré le responsable dans une référence à la diversité ethnique et religieuse du pays dont la majorité de la population est malaise et musulmane mais qui compte d'importantes minorités d'origine chinoise et indienne notamment.

Le Premier ministre a annoncé la dissolution au lendemain d'une audience avec le roi, le sultan Abdullah, qui a donné son accord.

La gouvernement avait dévoilé la semaine dernière un budget 2023 avec plusieurs semaines d'avance, incluant réductions d'impôts et diverses subventions, lui valant des accusations de populisme à l'approche d'une élection pressentie.

Aucune date n'a encore été annoncée, mais la constitution requiert qu'un scrutin soit organisé dans les 60 jours qui suivent une dissolution du parlement.

Scandale du fonds 1MDB

La Malaisie connaît une instabilité politique depuis les élections de 2018 qui avaient amené au pouvoir le Premier ministre réformiste Mahathir Mohamad aux dépends du parti Umno qui dirigeait le pays depuis plus de 60 ans.

Les électeurs avaient sanctionné le Premier ministre sortant Najib Razak, impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de dollars du fonds souverain 1MDB.

Ce dernier a été condamné pour corruption et a entamé une peine de prison de 12 ans en août. Il est en procès pour plusieurs autres chefs d'accusation dans ce scandale aux vastes ramifications.

Mais le gouvernement de Mahathir Mohamad a perdu sa majorité après 22 mois au pouvoir et le pays a depuis vu les dirigeants se succéder avec un retour aux affaires de la coalition dominante Umno.

Le Premier ministre Muhyiddin Yassin a été forcé à la démission moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, accusé d'avoir mal géré la pandémie de coronavirus dans le pays.

Ismail Sabri Yaakob, lui a succédé et s'est efforcé de redresser l'économie du pays durement touché par la pandémie mais avec une majorité très fragile au parlement.

Les analystes estiment qu'un scrutin pourra donner un mandat plus solide au prochain gouvernement pendant un nouveau mandat de 5 ans.

"Il s'agira du premier scrutin depuis le Covid-19 et ce sera une élection destinée à redonner à la Malaisie une stabilité politique", a indiqué à l'AFP James Chin, professeur d'études asiatiques de l'Université de Tasmanie, interrogé avant la dissolution.

"Les gens veulent une stabilité politique. Ils sont fatigués de ces trois gouvernements que la Malaisie a connus depuis 2018", a-t-il observé.

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