Xi Jinping annonce la clôture du 20e congrès du Parti communiste chinois

Le président chinois Xi Jinping a annoncé samedi la clôture du 20e congrès du Parti communiste chinois (PCC), après une semaine de délibérations à huis clos pour remanier l'équipe dirigeante de la deuxième économie mondiale.

Chinese President Xi Jinping attends the closing ceremony of the 20th National Congress of China's ruling Communist Party at the Great Hall of the People in Beijing, Saturday, Oct. 22, 2022. (AP Photo/Ng Han Guan)
Le président chinois Xi Jinping assiste à la cérémonie de clôture du 20e Congrès national du Parti communiste chinois au pouvoir, au Grand Hall du peuple à Beijing, samedi 22 octobre 2022. ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Osez vous battre pour la victoire, travaillez dur pour aller de l'avant", a dit Xi Jinping, qui sera vraisemblablement reconduit dimanche au poste de secrétaire général, ce qui ouvrira la voie à un 3e mandat présidentiel inédit en mars prochain.

La composition du nouveau Comité central, sorte de "parlement" interne au parti, a été adoptée, selon l'agence Chine nouvelle qui n'a toutefois pas dévoilé la liste des quelque 200 membres.

Dimanche, Xi Jinping sera vraisemblablement reconduit au poste de secrétaire général du PCC, à l'issue de la première réunion d'un Comité central remanié, qui compte environ 200 membres. Simple formalité, la procédure doit permettre à Xi Jinping de décrocher en mars prochain un troisième mandat présidentiel inédit de cinq ans.

Pour se maintenir au pouvoir, l'homme fort de Pékin avait ainsi fait supprimer de la Constitution en 2018 la limite de deux mandats. Xi Jinping, 69 ans, peut donc en théorie présider à vie la République populaire.

Nouveau Premier ministre

Analystes et médias spéculent sur la volonté de Xi Jinping de changer l'intitulé de son poste en "président du parti", le titre qu'avait le fondateur du régime Mao Tsé-toung (1949-76).

Une modification pourrait aussi être apportée à la charte du PCC. En 2017, elle avait intégré une référence à "la Pensée Xi Jinping sur le socialisme à caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère". Cette mention avait été ajoutée l'année suivante à la Constitution du pays.

Ce congrès devrait également déboucher sur une large recomposition du comité permanent du Bureau politique. La nouvelle composition de cet organe tout-puissant de sept membres actuellement -- qui détient la réalité du pouvoir en Chine -- sera dévoilée dimanche. Selon des traditions non écrites, une partie des membres actuels atteignent l'âge auquel ils sont censés prendre leur retraite.

Conformément à la coutume, les membres du Comité permanent seront annoncés par ordre d'importance, le numéro un étant le secrétaire général. A priori le numéro deux ou le numéro trois sera le prochain Premier ministre qui succèdera à Li Keqiang, en mars prochain.

Parmi les noms évoqués pour le remplacer: Wang Yang, considéré comme l'une des voix les plus libérales du Parti, ou l'actuel vice-Premier ministre Hu Chunhua. Li Qiang, chef du parti à Shanghai, est également pressenti malgré sa gestion chaotique du confinement au printemps.

Le nouveau comité permanent sera composé en "majorité de personnalités loyales à Xi Jinping", subodore Nis Grünberg, de l'Institut Mercator d'études chinoises (Merics) à Berlin. Nombre de sinologues estiment qu'aucun successeur potentiel ne devrait émerger.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping a accumulé les pouvoirs au sommet de la deuxième puissance mondiale et présidé à un renforcement de l'autorité du régime.

Chef du Parti, chef des armées, chef de l'État... le dirigeant a plaidé pour la continuité de ses politiques lors d'un discours au ton triomphal à l'ouverture du congrès. La stratégie "zéro Covid" devrait ainsi se poursuivre malgré ses conséquences néfastes sur l'économie et l'exaspération grandissante de la population face aux confinements.

Loin de la diplomatie prudente de ses prédécesseurs, Xi Jinping devrait encore davantage faire entendre la voix de la Chine. Quitte à accroître les tensions avec le grand rival américain, en particulier autour de la question de Taïwan.