Au Kazakhstan, le président Tokaïev nettement réélu: des félicitations de Poutine et des reproches de l'OSCE

Le président sortant du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a remporté nettement la présidentielle anticipée de dimanche dans le plus grand pays d'Asie centrale, selon des résultats préliminaires communiqués lundi.

<p>Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, vote lors de la présidentielle anticipée à Astana, le 20 novembre 2022</p>

L'ancien président de 69 ans arrivé au pouvoir en 2019 a obtenu 81,31% des voix, d'après les premières informations données lundi par la Commission électorale, tandis que la participation s'est élevée à 69,44%.

Comme attendu, ses cinq opposants ont fait de la figuration, aucun d'entre eux ne dépassant les 3,42%.

Nouveauté de ce scrutin, l'option de vote "contre tous" a séduit 5,8% des électeurs, arrivant en deuxième position.

Riche en ressources naturelles et situé au carrefour d'importantes routes commerciales, le Kazakhstan a plongé dans le chaos en janvier lorsque des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en émeutes qui ont fait 238 morts, avant d'être brutalement réprimées.

Poutine salue la victoire de Tokaïev

Le président russe Vladimir Poutine a salué lundi la victoire de son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, allié traditionnel de Moscou mais qui a pris certaines distances depuis l'offensive de l'Ukraine. "Vous avez reçu une preuve de confiance convaincante de vos compatriotes", a salué M. Poutine, cité dans un communiqué du Kremlin, assurant que le "partenariat stratégique" et l'alliance entre Astana et Moscou "progressaient avec un succès remarquable".

"Je vous souhaite, cher Kassym-Jomart Kemelevitch, plein de succès, une santé solide et la prospérité", a ajouté Vladimir Poutine.

Allié traditionnel de Moscou, le pouvoir kazakh a reçu l'aide en janvier d'un contingent militaire russe envoyé au Kazakhstan alors que la capitale économique, Almaty, était secouée par des émeutes meurtrières.

Malgré cette aide décisive, Kassym-Jomart Tokaïev a pris une certaine distance avec Moscou après l'offensive du Kremlin en Ukraine fin février.

En juin, M. Tokaïev a notamment publiquement critiqué son homologue russe lors d'un forum à Saint-Pétersbourg, où il s'est prononcé contre la reconnaissance des territoires séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine.

Lors de ce forum, Vladimir Poutine avait lui à de nombreuses reprises écorché le patronyme du président kazakh en s'adressant à lui, signe, selon certains observateurs, d'une volonté de déstabiliser, voire de ridiculiser Kassym-Jomart Tokaïev.

Absence de concurrence

Les observateurs internationaux de l'OSCE ont regretté lundi l'"absence de véritable concurrence" lors de l'élection présidentielle au Kazakhstan, au lendemain de la réélection du dirigeant Kassym-Jomart Tokaïev avec 81,31% des voix, selon les résultats provisoires.

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui avait déployé une mission dans le plus grand pays d'Asie centrale, a également déploré dans un communiqué qu'aucun des autres candidats n'ait "réellement contesté le programme du président sortant", en l'absence de "vrai pluralisme".