Inde: la Cour suprême prête à examiner le mariage homosexuel

La Cour suprême de l'Inde a décidé vendredi d'examiner une requête déposée par un couple d'homosexuels réclamant la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe.

gay drapeau

Les magistrats présidés par le juge en chef Dhananjaya Chandrachud ont approuvé l'examen de l'affaire et demandé au gouvernement de produire ses arguments d'ici un mois.

La Cour a aboli en 2018 la loi d'interdiction de l'homosexualité qui datait du pouvoir colonial britannique, mais aucune loi dans le pays n'autorise encore le mariage homosexuel.

Si la haute cour se prononçait en faveur de la reconnaissance du mariage homosexuel, l'Inde serait alors le deuxième pays d'Asie à autoriser l'union de personnes de même sexe, après Taïwan.

Selon les médias, les pétitionnaires, en couple depuis près de dix ans, se sont déjà engagés l'un envers l'autre en échangeant l'an dernier leurs voeux de manière informelle dans l'État méridional du Telangana.

"Nous espérons vivre dans un monde sans placard", avaient alors expliqué Abhay Dange et Supriyo Chakraborty, cités par le quotidien The New Indian Express.

Les requêtes réclamant la légalisation des mariages homosexuels se multiplient notamment dans les tribunaux de New Delhi, du Kerala et de l'Uttar Pradesh, mais elles continuent de se heurter à l'opposition des gouvernements régionaux.

Au début de l'année, la Haute Cour d'Allahabad a rejeté la demande d'un couple de lesbiennes, le gouvernement de l'Uttar Pradesh ayant argué qu'une telle union était contraire à la culture indienne, avait rapporté la presse locale.

L'an dernier, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a estimé devant la Haute Cour de Delhi que les mariages homosexuels "bouleverseraient complètement l'équilibre délicat du code des droits personnels dans le pays", cité par le quotidien The Hindu.

L'abolition en 2018 de la loi qui pénalisait l'homosexualité depuis plus de 150 ans a constitué une victoire retentissante pour les membres de la communauté LGBT+ du pays, qui encouraient jusqu'à dix ans de prison.

Pourtant, nombreux sont ceux qui se disent encore marginalisés, stigmatisés voire harcelés.