Politique zéro Covid en Chine : “On est enfermés. Une enceinte a été installée autour de notre quartier, et c’est très difficile d’en sortir”

Alors que le nombre de cas Covid explose, la population manifeste sa fatigue face à ces mesures toujours plus extrêmes.

 La Chine a répertorié 31.454 cas mercredi, dont 27.517 sont asymptomatiques.
Le 24 novembre, la Chine a répertorié 31.444 nouveaux cas locaux mercredi, dont 27.517 sont asymptomatiques, a indiqué le ministère de la Santé. Ces nouveaux chiffres sont supérieurs aux 29.317 infections locales enregistrées à la mi-avril, lorsque Shanghai – la troisième ville la plus peuplée du monde. ©AFP

Le 24 novembre, la Chine a répertorié 31.444 nouveaux cas locaux mercredi, dont 27.517 sont asymptomatiques, a indiqué le ministère de la Santé. Ces nouveaux chiffres sont supérieurs aux 29.317 infections locales enregistrées à la mi-avril, lorsque Shanghai – la troisième ville la plus peuplée du monde. Face à ce nombre record de cas Covid, les autorités s’efforcent d’endiguer la propagation du virus en procédant à des confinements stricts, des tests de masse et à des restrictions de voyage. Écoles, restaurants et commerces sont à nouveau fermés. AFP affirmait à l’occasion de ces nouvelles données records que les habitants de Pékin sont épuisés par ces restrictions qui impactent fortement leur santé mentale et physique.

"J'en ai marre": le ras-le-bol des Pékinois face au zéro Covid

Au micro de BFMTV, Hugues, un Français de 33 ans expatrié à Guangzhou (Canton), a témoigné du confinement extrême et de la politique zéro Covid. Confiné depuis presque un mois, il ne peut sortir de chez lui que pour se promener ou faire ses courses. Il ne peut quitter son quartier sous aucun prétexte. “On est enfermés. Une enceinte a été installée tout autour de notre quartier, et c’est très difficile, pour ne pas dire impossible d’en sortir. C’est vraiment une zone de quarantaine”, raconte-t-il à BFMTV. Il poursuit en expliquant que d’immenses “barrières en plastique remplies d’eau, hautes d’1m70 et toutes attachées entre elles” ont été installées et que des gardes sont placés tout le long.

”On est comme dans une énorme prison avec des gardes à l’extérieur et des groupes de personnes qui font des évasions”, ajoute-t-il. “Ça renforce l’impression qu’on n’est pas libres de nos mouvements […] et ça donne un sentiment global d’étouffement. Presque tous les jours on voit des incidents. Récemment un groupe de personnes a forcé les barrières tous ensemble pour tenter de s’échapper du quartier […] C’est impressionnant”.

Face à cette situation extrême, il regrette que les autorités ne soient pas transparentes. Selon lui, le manque d’informations entretient chez les habitants un sentiment d’anxiété ainsi que la circulation de nombreuses rumeurs. Le manque de confiance s’est installé et laisse place à une multiplication de soulèvements. Une émeute très violente a notamment éclaté à Zhengzhou, ville du centre de la Chine qui héberge une immense usine d’iPhone. Hugues explique que la tension monte de plus en plus et que la plupart des étrangers quittent le pays. “La communauté étrangère se réduit comme peau de chagrin ici. Depuis le confinement à Shangaï, la plupart des étrangers essaient de quitter le pays quand ils le peuvent”.

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