Le business japonais des “idoles” dérange : “Vous croyez que, dans la vraie vie, une fille aussi belle pourrait être amoureuse de moi ?”

Les idoles sont une industrie bien connue au Japon, mais moins en Occident. Ces starlettes à l’allure enfantine – parfois mineures – sont bien souvent mises à disposition d’hommes bien plus âgés, comme l’a illustré Envoyé Spécial, ce jeudi 1er novembre.

Antoine Demanez
Japon: "Petites idoles", l'obscure attirance pour les fillettes
©AFP

Au pays du soleil levant, une industrie très particulière s’est développée ces dernières années. Il s’agit des “idoles”, des petites stars à l’allure juvénile voire enfantine et bien souvent hypersexualisées. Elles sont presque 10 000 dans le pays et attirent pas moins de trois millions de fanatiques pour la plupart masculins. Mizuki, une jeune nippone âgée de 22 ans, chanteuse dans un groupe de musique féminin, a témoigné auprès de France 2, dans le cadre de l’émission Envoyé Spécial. La jeune femme offre sa compagnie pour 110 euros de l’heure.

Il ne s’agit pas à proprement parler de prostitution au sens strict du terme, car il est interdit d’avoir des contacts physiques avec les “idoles”. Les conversations ne se font d’ailleurs qu’en extérieur toujours sous le contrôle de l’agent qui n’est jamais bien loin pour veiller au bon déroulement de la rencontre.

Une industrie fructueuse à la limite du supportable

”Vous croyez que, dans la vraie vie, une fille aussi belle pourrait être amoureuse de moi ? C’est parce que je paye qu’elle prend la peine de me plaire, j’en suis tout à fait conscient”, lance Nogi à la caméra, père de famille qui s’est offert les services d’une “idole”. Son “idole” rencontrera cinq hommes différents au cours de la même soirée. Quelques hommes pris de passions pour ces jeunes filles dépensent sans compter. Les rencontres sont tarifées et minutées. Une photo et quelques minutes de discussion leur coûteront 10 euros. Pour une vidéo personnalisée, il faudra débourser 25 euros.

Les agents de ces petites stars ont très vite compris qu’ils étaient dans une industrie qui rapporte. Ils touchent pour chaque prestation de leurs “idoles” 50 % de bénéfices. Ils cherchent par ailleurs à recruter des profils de plus en plus jeunes, visant même parfois à rameuter des enfants.

C’est le cas de la petite Yuno âgée de seulement 7 ans. Elle a pour admirateurs des hommes qui ont cinq ou dix fois son âge. C’est sa maman qui a décidé de lui créer un compte Instagram et d’y poster des photos de son quotidien. En à peine quelques mois, l’enfant a récolté 30 000 abonnés. Elle se produit tous les week-ends sur scène où elle chante, danse et fait même du mannequinat. Des images qui dérangent et qui pourraient faire penser à de la pédophilie banalisée face à ce succès commercial très lucratif. Les internautes ne mâchent pas leurs mots : “Ça me dégoûte vraiment”, “Moi qui voyais le Japon comme le pays du raffinement et du respect et qui découvre que c’est rempli de vieux pervers qui fantasment sur des filles mineures” ou encore “Les parents au Japon qui laissent leurs petites de 7 ans danser devant des vieux monsieurs. Les vieux monsieurs qui s’excitent sur leurs chaises et prennent des photos pendant que les petites font les chorées”.