Le point sur la situation.

42 morts de plus au Hubei, total de 212 morts en Chine

L'épidémie de pneumonie virale en Chine a fait 42 morts supplémentaires dans la province du Hubei (centre), ont annoncé vendredi les autorités sanitaires locales.

Après ce nouveau record quotidien, le total national de l'épidémie du nouveau coronavirus apparue en décembre passe ainsi à 212 morts. L'épidémie a également fait plus de 1.200 contaminations supplémentaires au Hubei au cours des dernières 24 heures, portant le total national à 8.900 cas.

Deux premiers cas au Royaume-Uni

Deux cas d'infection au nouveau coronavirus apparu en Chine ont été confirmés au Royaume-Uni, les premiers pour ce pays, ont annoncé vendredi les services sanitaires.

"Nous pouvons confirmer que deux patients en Angleterre, membres de la même famille, ont été testés positifs", a indiqué le chef des services médicaux pour l'Angleterre, Chris Whitty, dans un communiqué diffusé par le ministère de la Santé.

Singapour ferme ses frontières aux voyageurs venant de Chine

Les autorités de Singapour ont annoncé vendredi la fermeture des frontières à tous les voyageurs venant de Chine pour se protéger contre la propagation du nouveau coronavirus. La cité-Etat, qui avait interdit jusqu'ici l'entrée sur son territoire aux seuls voyageurs venant de la région du Hubei, renforce ainsi drastiquement ses mesures de protection après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié l'épidémie "d'urgence internationale".

Après les deux premiers cas italiens, le pays décrète l'état d'urgence pour éviter une contagion

Le gouvernement italien a proclamé vendredi l'état d'urgence pour accélérer la lutte contre le nouveau coronavirus et éviter une éventuelle contagion, au lendemain de l'annonce des deux premiers cas en Italie chez un couple de touristes chinois.

L'état d'urgence est souvent proclamé dans la péninsule, à la suite de séismes, d'intempéries ou récemment des inondations à Venise car il prévoit une procédure accélérée pour mobiliser des fonds et des moyens dont la protection civile pour la mise en place de structures d'accueil.

La proclamation de l'état d'urgence n'est pas une surprise après l'annonce jeudi soir par le chef du gouvernement Giuseppe Conte des deux premiers cas de coronavirus dans le pays et la suspension de tous les vols "de et vers" la Chine.

La procédure d'état d'urgence est prévue pour six mois, selon les médias italiens.

Le couple contaminé est apparemment arrivé d'abord à Milan puis séjournait à Rome quand les symptômes de la maladie sont apparus mercredi. Leur chambre d'hôtel a été mise sous scellés et ils ont été placés en observation à l'hôpital Spallanzani à Rome qui est l'établissement de référence pour les maladies infectieuses en Italie.

"Les patients sont en bonne forme, ils sont jeunes et c'est comme s'ils avaient une grippe. Il n'y a pas de thérapie pour cette infection, elle est traitée comme la grippe, ils resteront isolés pendant quelques jours", a déclaré vendredi sur une radio Giuseppe Ippolito, directeur scientifique de l'hôpital Spallanzani.

Le professeur a tenu à rassurer les Italiens qui commencent à être en proie à une psychose.

"Les citoyens doivent être tranquilles, car le vrai risque de contagion existe si les personnes malades présentent déjà les symptômes et dès que les deux touristes les ont eus, nous avons suivi les procédures prévues", a-t-il dit.

"Nous sommes pratiquement sûrs qu'il n'y a pas eu d'autres contagions", soulignant que "le virus ne se transmet pas durant l'incubation, à moins d'exceptions exceptionnelles qui se produisent exceptionnellement", a-t-il conclu dans un trait d'humour.


L'avion qui ramène les Français de Wuhan a décollé

Un avion évacuant quelque 200 Français a décollé vendredi à 7h07 locales (23h07 GMT jeudi) de la ville chinoise de Wuhan (centre), épicentre de l'épidémie de pneumonie virale et coupée du monde depuis une semaine, selon des journalistes de l'AFP à bord.

L'appareil militaire envoyé par la France doit atterrir après environ 12 heures et demie de vol à Istres (sud-est), ont déclaré aux passagers des membres de la délégation officielle française présente sur place.

L'ensemble de ces personnes rapatriées subira ensuite une période de confinement de 14 jours dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet, une station balnéaire proche de Marseille, a annoncé jeudi le ministère français de la Santé.

"Les premières arrivées vont se faire exclusivement à Carry-le-Rouet. Après, tout dépendra du nombre de personnes qui arriveront ensuite", a déclaré M. Dartout.

Un second vol de rapatriement est prévu "plus tard dans la semaine", selon la Commission européenne, afin d'évacuer d'autres Français et des ressortissants d'autres pays européens.

Un A380 devrait décoller de Paris dans la nuit de jeudi à vendredi. Il devrait permettre de rapatrier quelque 350 Européens, dont des Français, a déclaré à la télévision portugaise le commandant grec de l'appareil, affrété selon les médias portugais par la France.

D'autres pays planifient également des opérations. L'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands "dans les prochains jours", et le Canada comme la Nouvelle-Zélande veulent affréter des appareils.

Londres a annoncé le rapatriement vendredi d'environ 200 personnes, principalement britanniques, depuis Wuhan.


Les Etats-Unis recommandent de "ne pas se rendre" en Chine

Le département d'Etat a recommandé jeudi aux ressortissants américains de "ne pas se rendre" en Chine en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus qui y a fait 213 morts, en augmentant le niveau d'alerte dans ce pays d'un cran.

"Les voyageurs doivent s'attendre à ce que des restrictions de voyage soient mises en place sans préavis ou rapidement. Les transporteurs commerciaux ont réduit ou suspendu leurs liaisons en direction de ou depuis la Chine", a indiqué la diplomatie américaine sur son site internet

Vendredi, a-t-elle-rappelé, "l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déterminé que la propagation rapide de l'épidémie constituait une crise de santé publique d'échelle internationale".

Les Américains "actuellement en Chine devraient examiner la possibilité de quitter le pays en utilisant des moyens commerciaux. Le département d'Etat a demandé que tous les employés non essentiels du gouvernement américain reportent leur voyage en Chine en raison du nouveau coronavirus", a ajouté le département d'Etat.

Le niveau d'alerte pour la Chine est dorénavant de 4 sur une échelle qui en compte 4, au même niveau que pour des pays tels que l'Afghanistan, l'Irak ou l'Iran.

Washington avait déjà rehaussé le niveau d'alerte lundi en appelant ses ressortissants à éviter de se rendre en Chine.

Selon les statistiques officielles chinoises, près de 2,5 millions de voyageurs en provenance des Etats-Unis étaient entrés en Chine en 2018.

La même année, il y avait eu près de 3 millions d'arrivées aux Etats-Unis depuis la Chine, selon l'Office du tourisme national américain.

Le bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus s'est alourdi vendredi à 213 morts en Chine, alors que les cas de contamination locale se multiplient dans le monde.

Des milliers d'ouvriers en quarantaine dans une usine chinoise d'Indonésie

Plus de 40.000 ouvriers d'un vaste complexe industriel chinois en Indonésie ont été placés en quarantaine pour éviter la propagation du nouveau coronavirus qui a fait plus de 200 morts en Chine, a indiqué la compagnie vendredi. Le groupe PT Indonesia Morowali Industrial Park a placé à l'isolement depuis le weekend ses installations d'extraction de nickel et ses usines d'acier inoxydable sur l'île de Célèbes et empêche ses employés, au nombre de 43.000, d'entrer ou de sortir sans autorisation écrite.

Sur quelque 5.000 ouvriers chinois présents sur le site, "nous avons identifié et examiné des travailleurs migrants de Wuhan", a indiqué à l'AFP le porte-parole du groupe, Dedy Kurniawan. Aucun cas d'infection par le nouveau virus n'a été détecté pour l'instant, mais le groupe a installé des scanners thermiques à l'entrée de ses bâtiments et interdit aux étrangers l'accès au site.

Les installations, qui occupent quelque 2.000 hectares, sont contrôlées par le groupe chinois Shanghai Decent Investment Group.

Les autorités indonésiennes n'ont pas confirmé pour l'instant de cas de personnes infectées par le virus malgré le grand nombre de touristes et de travailleurs chinois qui passent sur son territoire.