Pénurie d'oxygène, hôpitaux au bord du gouffre, crématoriums surmenés: des images de chaos nous parviennent depuis quelques semaines de l'Inde, touchée très durement par la deuxième vague de la pandémie de coronavirus. Samedi dernier, le pays enregistrait son record de contaminations avec plus de 400.000 nouveaux cas tandis que 3.523 décès étaient répertoriés durant les 24 heures précédentes.

Malgré cette situatuation catastrophique, le Premier ministre Narendra Modi maintient son projet de rénovation du parlement indien, au coût d'1.8 milliard de dollars (presque 1.5 milliard d'euros). Une position qui selon CNN scandalise ses opposants politiques ainsi que la population, outrés par " le fait de verser des millions dans un projet de construction alors que le pays est aux prises avec la pire crise de santé publique de son histoire".

Pour qu'il puisse continuer, alors que la plupart des autres constructions sont à l'arrêt, le "projet de réaménagement de Central Vista" a été classé comme un "service essentiel", rapporte le média américain.

Certains Indiens ne partagent pas cet avis sur son caractère essentiel. Mercredi, deux citoyens, dont un est atteint du Covid-19, ont porté plainte devant la Haute Cour de Delhi pour tenter d'arrêter le chantier. Loin d'être un "service essentiel", il représenterait pour les signataires d'une pétition déposée par l'avocat Nitin Saluja un possible lieu de super-contamination. En effet, 46.700 personnes devraient être employées pendant la construction.

Cette rénovation d'une superficie de 35 hectares, défendue comme "nécessaires car ces batîments centenaires ne seraient plus adaptés", était décriée bien avant la seconde vague de la pandémie. Celle-ci comprend notamment l'édification d'une nouvelle résidence pour Narendra Modi.

Selon nos confrères de CNN, face à la décision de la Haute Court de Delhi de traiter l'affaire plus tard dans ce mois, les pétitionnaires ont porté l'affaire devant la Cour suprême, "jugeant que la juridiction inférieure n'avait pas apprécié la gravité de la situation". Ainsi, l'avocat Nitin Saluja pense que leur demande sera entendue dès ce vendredi par cette dernière.