Nations unies L’ambassadeur de l’Inde aux Nations unies a dénoncé vendredi des ingérences de la communauté internationale dans le dossier sensible du Cachemire, région où ont éclaté des heurts opposant manifestants et policiers. "Nous n’avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir. Nous sommes un pays de plus d’un milliard d’habitants", a mis en garde Syed Akbaruddin, le représentant de New Delhi aux Nations unies, à l’issue d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

Question épineuse

C’était la première fois en près d’un demi-siècle que le Conseil de sécurité de l’Onu se penchait sur la question du Cachemire, région montagneuse très majoritairement peuplée de musulmans pour laquelle Inde et Pakistan se sont déjà livré deux guerres.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan s’est entretenu avec le président américain Donald Tump en amont de cette session du Conseil, convoquée après que l’Inde a révoqué la semaine dernière le statut d’autonomie de la partie du Cachemire qu’elle contrôle et qu’Islamabad revendique.

L’Inde a imposé des restrictions à la circulation dans la région, où le téléphone et Internet restaient coupés vendredi pour le douzième jour consécutif.

"L’ordre public est crucial pour assurer une bonne marche de la démocratie", a justifié M. Akbaruddin, en qualifiant les restrictions de "raisonnables".

La discussion cristallise les tensions

New Delhi s’oppose généralement aux discussions à l’Onu sur le Cachemire, en considérant que la question relève de ses affaires intérieures.

L’ambassadrice du Pakistan à l’Onu, Maleeha Lodhi, a au contraire estimé que la réunion vendredi du Conseil de sécurité prouvait que la région était l’objet d’une "dispute internationalement reconnue".