Le Kirghizstan a annulé mardi les résultats controversés de ses élections législatives après une nuit de violences post-électorales dans la capitale Bichkek qui ont provoqué la libération par la rue du grand rival du chef de l’État.

Dans l’après-midi et la soirée, les troubles semblaient s’étendre à d’autres régions alors que le président Soorenbaï Jeenbekov affirme toujours contrôler la situation.

Contestés par les manifestants de l’opposition ayant envahi dans la nuit le siège du gouvernement après des affrontements avec la police qui ont fait un mort et 686 blessés, les résultats du scrutin ont été "invalidés", a annoncé la Commission électorale de cette ex-république soviétique d’Asie centrale.

Menace supplémentaire pour le pouvoir, les contestataires ont libéré de prison Almazbek Atambaïev, 64 ans, ex-président incarcéré depuis un an et ancien allié devenu le principal adversaire de son successeur.

Le chef de l’État est toujours à Bichkek et a le "contrôle" du pays, a insisté la présidence kirghize.

Le Kremlin s’est dit "préoccupé" et a appelé les forces politiques kirghizes à "rester dans la constitutionnalité" pour trouver "rapidement une solution". M. Jeenbekov est proche de la Russie, tout comme l’était son prédécesseur.

Si la situation était plus calme mardi qu’elle ne l’était la nuit précédente dans la capitale, les protestataires gardaient cependant le contrôle du siège du gouvernement où des fenêtres ont été brisées et des bureaux partiellement saccagés.

Des pillages ont également été signalés et de nombreux commerces ont gardé leurs portes closes.

Selon des médias locaux, des troubles étaient signalés en province, avec plusieurs mines d’or et de charbon, d’importantes sources de revenus pour l’État, passées sous le contrôle ou paralysées par des assaillants.

La base militaire russe au Kirghizstan a de son côté annoncé avoir renforcé sa sécurité.

Rétablir la stabilité

Ces émeutes rappellent celles de 2005 et 2010 qui s’étaient muées en une révolution émaillée de pillages, chassant le pouvoir en place accusé de corruption et de dérive autoritaire.

Mardi, des hommes politiques de l’opposition, parmi lesquels un ex-Premier ministre et plusieurs dirigeants de partis, ont annoncé avoir formé un "conseil de coordination" en vue de rétablir la stabilité et "le règne de la loi".