Au lendemain d’une crue subite attribuée à la rupture d’un glacier de l’Himalaya, au moins 26 personnes sont mortes et plus de 170 restaient portées disparues lundi dans le nord de l’Inde. Les recherches ont repris dès le lever du jour lundi, avec un millier de sauveteurs mobilisés. La plupart des disparus travaillaient dans deux centrales électriques sur le barrage de Richiganga. Certains sont restés coincés dans deux tunnels obstrués par les flots, la boue et des rochers.

Douze personnes ont été secourues dimanche dans l’un d’eux, mais il en restait 34 bloquées dans le deuxième, a précisé le chef de la police de la frontière indo-tibétaine en charge des opérations de secours. Des difficultés techniques entravaient les opérations de sauvetage dans le tunnel, en partie déblayé. Selon un autre responsable, les sauveteurs pensent qu’il y a des poches d’air dans le tunnel.


Vidange d’un lac glaciaire ?

L’énorme masse d’eau a dévasté la vallée de la rivière Dhauliganga, détruisant tout sur son passage, submergeant un complexe hydroélectrique et emportant des routes et des ponts, selon les images prises par des habitants terrifiés. Des habitants de la région ont aussi été emportés par les eaux alors qu’ils s’occupaient de leur bétail, d’après les autorités.

Situé dans le massif de l’Himalaya, l’Uttarakhand est un État indien où débute le cours du Gange dont la rivière Dhauliganga est un affluent. Les autorités, qui ont d’abord déclaré que la rupture d’une partie d’un glacier avait causé la catastrophe, évoquent à présent un éventuel phénomène de vidange brutale d’un lac glaciaire.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national entourant la montagne Nanda Devi. Ils font l’objet d’études scientifiques, en raison du changement climatique et de la déforestation qui accroît les risques de rupture. La fonte d’un quart de la glace de l’Himalaya observée ces quatre dernières décennies est imputée à la hausse des températures.