A Rangoun, la capitale économique, dans la commune de Hlaing Tharyar, des policiers et des soldats ont affronté des manifestants armés de bâtons et de couteaux, qui se cachaient derrière des barricades de fortune et ont fui après que les forces de sécurité ont ouvert le feu.

"Je peux confirmer que 15 sont morts", a déclaré une femme médecin à l'AFP, ajoutant qu'elle avait traité une cinquantaine de personnes blessées et qu'elle s'attendait à ce que le nombre de morts augmente.

Selon le groupe de surveillance de l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, qui vérifie les arrestations et les décès depuis le coup d'État, le bilan serait plus élevé.

Dans le quartier de Tamwe à Rangoun, le journal du soir a confirmé un autre décès, indiquant que des centaines de manifestants avaient tenté d'incendier un poste de police, amenant les autorités à ouvrir le feu pour les disperser.

Des scènes de chaos similaires se sont déroulées tout au long de la journée dans d'autres régions du pays, avec une personne tuée par balle dans la ville de Hpakant, dans le nord de la Birmanie, et une femme tuée d'une balle dans la tête à Mandalay, la deuxième ville du pays.

La junte déclare la loi martiale dans deux communes de Rangoun

Dimanche soir, la junte au pouvoir en Birmanie a imposé la loi martiale dans deux communes de l'agglomération de Rangoun, a annoncé la télévision d'Etat. La junte donne "le pouvoir administratif et judiciaire de la loi martiale au commandant régional de Rangoun afin qu'il l'exerce (dans la commune de Hlaing Tharyar, où des affrontements ont fait au moins 18 morts dimanche, et celle de Shwepyitha) (...) afin d'assurer la sécurité, de maintenir l'Etat de droit et la tranquillité plus efficacement", a déclaré un présentateur du journal télévisé.