Le Premier ministre de la cité-Etat, Lee Hsien Loong, avait attaqué en justice le blogueur Leong Sze Hian, lui reprochant d'avoir partagé un article publié par un site d'informations malaisien, lequel affirmait que le dirigeant singapourien faisait l'objet d'une enquête en Malaisie liée au pillage du fonds souverain 1MDB.

Le tribunal a condamné fin mars le blogueur à verser 133.000 dollars singapouriens (environ 84.000 euros) de dommages et intérêts au Premier ministre, plus les frais de justice, dont le montant reste à déterminer.

M. Leong a alors ouvert une cagnotte en ligne. Il a affirmé dimanche soir que plus de 2.000 personnes y avaient contribué, permettant de recueillir la totalité de la somme en 11 jours.

"Nous avons atteint les 133.000, merci à tous les Singapouriens", a-t-il écrit sur Facebook, "c'est grâce à votre aide que nous avons eu le courage de faire face".

Lors du procès, le Premier ministre avait accusé le blogueur d'avoir répandu des accusations "malveillantes et sans fondement" ayant discrédité "l'intégrité et l'honnêteté" du gouvernement.

Les défenseurs des droits de l'homme avaient vu dans ce procès et cette condamnation le dernier exemple en date des mesures strictes prises par le gouvernement pour tenter de faire taire toute dissension en ligne.

La législation draconienne de Singapour qui limite la liberté d'expression de l'opposition et des médias a été critiquée à de nombreuses reprises par les ONG de défense des droits.

Des milliards de dollars ont été détournés du fonds 1MDB, censé contribuer au développement économique de la Malaisie, dans une affaire aux ramifications planétaires qui a contribué à la chute du Premier ministre malaisien Najib Razak.

© Lee Hsien Loong (AFP)