Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, et son homologue chinoir, le général Wei Fenghe, se sont mutuellement accusés d'enflammer la situation, par communiqués interposés.

Les deux hommes se sont rencontrés vendredi à Moscou, en marge d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai.

M. Singh a affirmé avoir eu des discussions "franches" avec son homologue sur le conflit frontalier et sur les relations tendues entre les deux pays les plus peuplés de la planète.

L'Inde et la Chine connaissent depuis juin un regain de tension à leur frontière contestée dans l'Himalaya, après un corps-à-corps meurtrier entre leurs soldats. Cet affrontement d'une rare violence depuis 45 ans a fait 20 morts côté indien et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois.

New Delhi et Pékin se sont rejeté la responsabilité de ces affrontements. Les armées des deux pays ont envoyé depuis juin des dizaines de milliers de soldats en renforts dans la région.

Le ministre indien a souligné dans un communiqué que "les actions des troupes chinoises, dont le fait de masser un large nombre de militaires, leur comportement agressif et les tentatives de modifier unilatéralement le statut quo constituent une violation" des accords entre les deux pays voisins.

Il a ajouté que New Delhi souhaitait résoudre le conflit à travers des pourparlers, mais que "dans le même temps, il ne devrait y avoir aucun doute sur notre détermination à protéger la souverainté et l'intégrité territoriale de l'Inde".

Le ministre chinois a adopté une attitude tout aussi intransigeante.

"La cause et la vérité de la tension actuelle à la frontière entre la Chine et l'Inde sont très claires, et l'Inde en assume entièrement la responsabilité", a affirmé le général Wei.

"Le territoire de la Chine ne peut pas être perdu", a-t-il ajouté, appelant l'Inde à "renforcer son contrôle sur les forces frontalières" et "s'abstenir de toutes actions qui pourraient provoquer une escalade".

L'Inde s'est retirée de manoeuvres militaires organisées par l'Organisation de coopération de Shanghai pour que ses troupes ne soient pas aux côtés des forces chinoises.

Elle utilise également de plus en plus l'arme économique contre la Chine dans leur différend, en interdisant des applications chinoises ou en gelant la participation de compagnies chinoises à des contrats d'infrastructures de téléphonie 5G.