Les autorités syriennes ont dénoncé lundi l'envoi par la Turquie d'un convoi militaire "chargé de munitions" dans le sud de la province d'Idleb, au lendemain de l'entrée des troupes prorégime dans la ville clé de Khan Cheikhoun. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des raids russes et syriens ont été menés non loin du convoi pour l'empêcher de poursuivre son chemin.

Ce convoi comporte environ 50 véhicules militaires, dont des blindés, des transporteurs de troupes et au moins cinq chars, et se dirigeait lundi matin vers Maaret al-Noomane, ville située à 15 kilomètres au nord de Khan Cheikhoun, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Dimanche, les forces du régime de Bachar al-Assad ont pénétré pour la première fois depuis 2014 dans la ville de Khan Cheikhoun, après plusieurs jours de progression sur le terrain aux dépens des djihadistes et de quelques groupes rebelles soutenus par Ankara.

"Des véhicules turcs chargés de munitions (...) ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes (...), ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes", a fustigé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l'agence officielle Sana. "Ce comportement hostile du régime turc n'affectera en aucun cas la détermination de l'armée syrienne à continuer à traquer les restes des terroristes à Khan Cheikhoun jusqu'à ce que tout le territoire syrien soit nettoyé".

"Les renforts étaient en route vers les positions militaires turques à Morek", a de son côté indiqué à l'AFP le porte-parole du FNL (Front national de libération, pro-turc), Naji Moustafa.

Lundi, des combats féroces se poursuivent entre djihadistes et rebelles d'un côté, et forces prorégime de l'autre dans le nord-ouest de Khan Cheikhoun.