L'ambassade de Chine au Canada a sommé dimanche soir le gouvernement canadien de "cesser immédiatement de s'immiscer" dans les affaires de Hong Kong, au lendemain de la publication d'un communiqué conjoint du Canada et l'Union européenne. "Nous exhortons une fois encore la partie canadienne à respecter le droit international (...) et à cesser immédiatement de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine", a indiqué dimanche un porte-parole de l'ambassade de Chine au Canada dans un communiqué.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et la responsable de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, avaient exprimé leur inquiétude conjointement dans un communiqué samedi, à la veille du plus gros rassemblement à Hong Kong.

"Les libertés fondamentales, y compris la liberté de réunion pacifique, et le degré élevé d'autonomie de Hong Kong (...) sont garanties par la Loi fondamentale et les accords internationaux, et doivent continuer à être respectées", pouvait-on également lire dans le communiqué de samedi.

Les manifestations, qui perdurent depuis plus de 10 semaines à Hong Kong, "ont dégénéré en une violence extrême", selon l'ambassade chinoise à Ottawa et "aucun gouvernement ayant le sens des responsabilités ne resterait les bras croisés".

Le Canada compte quelque 300.000 ressortissants à Hong Kong, d'après le ministère des Affaires étrangères.

L'arrestation à Vancouver début décembre d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des Etats-Unis qui réclament son extradition, a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.

La Chine a arrêté depuis l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, qu'elle soupçonne d'espionnage, et condamné à mort deux autres Canadiens reconnus coupables de trafic de drogue.

Le Canada juge "arbitraires" les arrestations de MM. Kovrig et Spavor, et demande leur libération depuis des mois, en vain.