Près de 100 personnes, en grande majorité des manifestants, ont été tuées et environ 4.000 blessées depuis le début mardi d'un mouvement de contestation en Irak, selon un dernier bilan samedi de la commission gouvernementale des droits de l'Homme irakienne.

Ce sont les premiers troubles enregistrés dans le pays depuis la mise en place, il y a près d’un an, du gouvernement de l’indépendant Adel Abdul Mahdi.

Le Premier ministre a demandé vendredi aux manifestants de Bagdad et d’ailleurs de rentrer chez eux, assurant que leurs "exigences légitimes" avaient été entendues.

Tout est parti mardi d’appels à manifester, publiés sur les réseaux sociaux, contre la corruption et le chômage et pour de meilleurs services publics. Ces mêmes revendications avaient déjà provoqué d’importants mécontentements populaires en 2016. La différence, cette fois, est qu’ils n’ont été relayés par aucune instance, politique ou autre. La plus haute autorité religieuse irakienne, l’ayatollah Ali Sistani a demandé aux autorités de satisfaire les demandes des manifestants.

Des protestataires ont bloqué dans la semaine de nombreux axes routiers, ou incendié des pneus devant des bâtiments officiels dans les provinces du sud (à majorité chiite) de Najaf, Missane, Babylone, Bassorah… Neuf personnes ont encore succombé jeudi soir à Nassiriah, à 320 kilomètres au sud-est de Bagdad.

Le Haut-Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme a demandé vendredi une enquête "rapide" et "transparente" sur les morts.