Le Japon annule cette année pour cause d'épidémie de coronavirus l'hommage national aux victimes du tremblement de terre et du gigantesque tsunami survenus le 11 mars 2011, ont annoncé vendredi des responsables officiels.

Ces huit dernières années, le Premier ministre, des membres de la famille impériale, des parlementaires, des diplomates et représentants des médias avaient participé chaque 11 mars à cette cérémonie du souvenir, aux côtés de familles endeuillées par la catastrophe.

Cette décision a été annoncée au lendemain de la confirmation du report de la visite d'Etat au Japon du président chinois Xi Jinping, qui était initialement prévue ce printemps. Tokyo a aussi annoncé la mise en quarantaine à compter de lundi prochain de tous les voyageurs en provenance de Chine et de Corée du Sud.

"Nous avons recherché jusqu'au dernier moment des moyens de maintenir cette cérémonie, par exemple en en réduisant l'ampleur", a dit vendredi à la presse le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga.

"Néanmoins, étant donné la situation actuelle, c'est maintenant qu'il nous faut tout faire pour éviter la propagation de la maladie et c'est avec un sincère regret que je vous annonce que le conseil des ministres a décidé de renoncer à l'organisation de cette cérémonie de commémoration", a-t-il déclaré.

Une minute de silence sera observée mercredi à 14H46 (05H46 GMT), au moment précis où, le 11 mars 2011, se produisit un terrible séisme sous-marin au large du nord-est du Japon, d'une magnitude 9 sur l'échelle de Richter.

Ce tremblement de terre a été suivi d'un tsunami meurtrier qui a à son tour inondé une partie de la centrale de Fukushima, provoquant la pire catastrophe nucléaire de l'histoire depuis celle de Tchernobyl en URSS en avril 1986.

Plus de 18.500 personnes ont été tuées ou sont toujours portées disparues à la suite du séisme et du tsunami.

Aucun décès directement provoqué par l'accident nucléaire n'a été répertorié. Cependant plus de 3.700 personnes, pour la plupart de la région de Fukushima, sont décédées de maladies aggravées par leur traumatisme psychologique, ou par suicide à la suite du désastre. Des dizaines de milliers de personnes évacuées n'ont toujours pas regagné leurs foyers.