En vertu de cette loi, les généraux avaient usurpé 25% des sièges parlementaires ainsi qu'un certain nombre de postes ministériels clés. Le Comité représentant l'Assemblée de l'Union CRPH (Cabinet of Committee Representing Pyidaungsu Hluttaw) a annoncé sur Facebook que la Constitution avait été abrogée à compter du 31 mars 2021. Il est difficile, pour le moment, d'estimer l'un impact concret de cette initiative sur la réalité du terrain. Le CRPH est un cabinet clandestin composé de membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la cheffe, détenue, du gouvernement, Aung San Suu Kyi.

En vertu de la Constitution, l'élue de 75 ans n'a pu devenir présidente mais gouverne depuis cinq ans en tant que conseillère d'État et donc cheffe du gouvernement de facto. La Constitution est considérée comme le principal obstacle à une véritable réforme dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

De nombreux Birmans ont célébré jeudi l'annonce du comité, notamment sur les réseaux sociaux. Dans diverses régions du pays, des manifestants ont brûlé le texte. "Nous allons l'emporter et la junte va tomber. Ils (les militaires, NDLR) doivent payer pour ce qu'ils ont fait aux citoyens", a déclaré l'entrepreneur Kyi Min à Rangoon. Selon les estimations de l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), au moins 536 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le coup d'État.