Cette réunion, par vidéoconférence, se tiendra à huis clos, précise le programme.

Le Royaume-Uni avait prévu depuis longtemps une session du Conseil de sécurité sur la Birmanie, qui devait se tenir jeudi de manière publique et être suivie de consultations à huis clos. En raison du coup d'Etat militaire survenu lundi, cette réunion a été transformée en réunion d'urgence et uniquement à huis clos.

Interrogé lors de son point-presse quotidien sur ce qui est attendu du Conseil de sécurité, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a affirmé que "ce qui était important était que la communauté internationale parle d'une seule voix" sur les derniers développements en Birmanie.

Londres convoque l'ambassadeur de Birmanie

Londres a convoqué lundi l'ambassadeur birman au Royaume-Uni pour condamner le "coup d'Etat" et appeler à la "libération immédiate" de la cheffe de facto du gouvernement civil Aung San Suu Kyi et des civils arrêtés "illégalement", a annoncé la diplomatie britannique. L'ambassadeur birman Kyaw Zwar Minn a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et le secrétaire d'Etat britannique chargé de l'Asie, Nigel Adams, a "condamné le coup d'Etat militaire et l'emprisonnement illégal de civils, dont Aung San Suu Kyi", selon un porte-parole du ministère.

Le secrétaire d'Etat a demandé des "assurances quant à la sécurité de tous ceux qui sont détenus et a appelé leur libération immédiate"

Le comité Nobel "scandalisé"

Le comité Nobel norvégien s'est dit lundi "scandalisé" par le coup d'Etat en Birmanie et par l'arrestation d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, et de plusieurs autres dirigeants, dont il a réclamé la "libération immédiate". "Le comité Nobel norvégien est scandalisé par le coup d'Etat militaire et l'arrestation de la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, du président Win Myint et d'autres responsables politiques", a-t-il indiqué dans une déclaration à l'AFP.

Il "demande la libération immédiate d'Aung San Suu Kyi et des autres responsables politiques arrêtés, et le respect des résultats des élections législatives de l'an dernier", a-t-il ajouté.

Biden appelle l'armée à rendre le pouvoir

Le président américain Joe Biden a appelé lundi l'armée birmane à rendre "immédiatement" le pouvoir, menaçant de réimposer les sanctions levées au cours de la décennie écoulée.

"La communauté internationale doit parler d'une seule voix pour exiger de l'armée birmane qu'elle rende immédiatement le pouvoir", a indiqué M. Biden après un coup d'Etat mené par l'armée, qui a arrêté la cheffe de facto du gouvernement civil Aung San Suu Kyi.

Le locataire de la Maison Blanche a par ailleurs annoncé un réexamen "immédiat" des sanctions qui avaient été levées en raison "des progrès vers la démocratie", et a évoqué la nécessité de prendre "les mesures appropriées".

"Les Etats-Unis défendront la démocratie partout où elle est attaquée", a conclu Joe Biden.

La Birmanie est sortie il y a tout juste 10 ans d'un régime militaire au pouvoir pendant presque un demi-siècle.

Pour justifier ce coup d'Etat, immédiatement condamné par plusieurs capitales étrangères, les militaires ont assuré que les législatives de novembre étaient entachées d'"énormes irrégularités", ce que la commission électorale dément.

Ce scrutin a été remporté massivement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi au pouvoir depuis les élections de 2015.