Des femmes et des enfants tentant de sortir du camp d’Al-Hol dans le nord de la Syrie, extraits livides dans la citerne d’un camion, apparaissent dans une impressionnante vidéo qui a été mise en ligne le 11 septembre et repérée sur les réseaux sociaux.

On y voit quatre femmes couvertes du niqab et six enfants à moitié inconscients être sortis de ce camion citerne, à un checkpoint de la sécurité des Kurdes syriens, les Asayish.

Le camion ravitaillait ce camp en eau et en est sorti avec ces passagers clandestins. Al-Hol abrite environ 65 400 personnes, syriennes, irakiennes et de diverses nationalités dont beaucoup proviennent de l’ex-califat de l’État islamique.


Un camp fermé

Plus de 90 % des habitants du camp fermé par des barbelés sont des femmes et des enfants ; les deux tiers ont moins de 18 ans, selon Médecins sans Frontières (MSF), qui vient de rouvrir un centre de soins dans le camp. En raison de la pandémie qui touche le personnel de santé kurde syrien, les soins y sont réduits au minimum.

Environ 15 femmes et 45 enfants belges se trouvent dans ce camp, selon les chiffres de l’Ocam datant de juin dernier.

Mais les autorités kurdes ont commencé cette semaine à déplacer les femmes et enfants de nationalité étrangère vers le camp moins surpeuplé et moins radicalisé de Roj, à une demi heure seulement de la frontière irakienne.

La vidéo a été authentifiée à l’agence kurde irakienne Rudaw par le responsable des personnes déplacées et des réfugiés de cette région autonome, à majorité kurde, Sheikhmous Ahmad. Selon lui, cette vidéo est récente et montre bien des femmes et enfants tentant de s’échapper du camp où ils sont retenus, devant l’inaction des pays dont ils sont issus. Leur nationalité n’est pas connue.

"Nous sommes des humains"

Dans la vidéo, on voit une policière Asayish demander au chauffeur d’ouvrir la porte citerne. Les essais sont infructueux pendant deux minutes avant que la policière utilise un marteau pour débloquer la porte. Au bout du compte, après quelques sacs de vêtements, émerge un premier enfant qui ne doit pas avoir plus de cinq ans.

Les enfants sont un à un extraits de la citerne, puis déposés au sol, où une policière kurde asperge leur visage d’eau.

La première femme qui émerge demande aux Asayishs de ne pas filmer la scène. "Nous sommes des humains, pas des animaux", dit-elle selon Rudaw.

Selon un chercheur du Rojava Information Center, interrogé par le média irakien, les enfants auraient reçu un somnifère. Et ce n’est pas la première fois que des passeurs utilisent un camion citerne pour permettre d’échapper au camp. Les femmes et enfants auraient été reconduits au camp.