Remonter à la surface les boîtes noires, qui contiennent des enregistrements vocaux et des données de vol du Boeing 737-500 de Sriwijaya Air qui s'est abîmé dans la mer de Java quelques minutes après son décollage samedi, est crucial pour permettre aux enquêteurs de déterminer les causes de l'accident.

Une vaste opération de recherches, en cours, impliquant 2.500 sauveteurs et militaires a permis de localiser le signal de deux boîtes noires de l'appareil.

Les secours ont indiqué dimanche soir avoir récupéré dix sacs contenant des restes humains ainsi que seize gros morceaux de fuselage et dix sacs de débris à quelque 23 mètres de profondeur.

Des images diffusées par la marine montrent un fond marin jonché de débris mais les équipes doivent agir vite car les courants dans cette zone des "mille îles" au large de Jakarta peuvent les emporter.

Au principal port de Jakarta, les sacs contenant des restes humains ont été aspergés de désinfectant et transférés vers un hôpital de la police où les enquêteurs vont chercher à les identifier grâce à des échantillons d'ADN prélevés chez des proches des victimes.

Les 62 passagers et membres d'équipage du vol à moitié plein étaient Indonésiens. Dix enfants étaient à bord, dont 3 âgés de moins de trois ans.

"Aujourd'hui, nous allons élargir la zone de recherche (...) et collecter tout ce que nous pouvons récupérer, des débris ou des victimes", a expliqué lundi à des journalistes Rasman MS, responsable de l'équipe des secours pour cet accident.

"Cela va être une opération de 24 heures. Sans pause. Plus nous pouvons trouver des victimes rapidement, mieux ce sera".

 Dernier accident d'une série 

L'enquête sur l'accident, le dernier en date d'une série de catastrophes aériennes en Indonésie, pourrait prendre des mois.

Des spécialistes de l'aviation ont souligné que les données de vol indiquent que l'appareil a fortement dévié de sa trajectoire prévue avant de chuter brutalement de quelque 10.000 pieds (3.000 mètres) en moins d'une minute, avant de plonger dans la mer de Java.

Ils estiment que le mauvais temps - des pluies torrentielles qui avaient retardé le décollage - des erreurs de pilotage ou un problème technique ont pu être des facteurs du drame.

Stephen Wright, professeur de systèmes aéronautiques à l'université finlandaise de Tampere, estime que la vitesse relativement basse de l'avion était un signe d'alerte.

"Il s'est passé quelque chose de dramatique après le décollage", a-t-il indiqué à l'AFP.

La compagnie a bas prix Sriwijaya Air, qui dessert des destinations en Indonésie et Asie du Sud-Est n'a pas donné d'informations sur ce qui a pu se passer dans cet appareil vieux de 26 ans, exploité précédemment par Continental Airlines et United Airlines aux Etats-Unis.

C'est le premier accident mortel impliquant Sriwijaya depuis les débuts de la compagnie en 2003.

Mais le secteur du transport aérien en Indonésie a régulièrement connu des tragédies ces dernières années et plusieurs compagnies aériennes de ce pays ont été interdites en Europe jusqu'en 2018.

En octobre 2018, 189 personnes sont mortes dans l'accident d'un Boeing 737 MAX exploité par Lion Air qui s'est aussi abîmé dans la mer de Java, douze minutes après son décollage de Jakarta.

Un accident impliquant le même modèle d'avion en Ethiopie a débouché sur l'immobilisation pendant des mois de ce type d'appareil et une mise en cause du constructeur.

L'avion de Sriwijaya n'appartient pas à la nouvelle génération controversée de Boeing 737 MAX mais est un Boeing 737 "classique".

En 2014, un avion de la compagnie AirAsia reliant Surabaya en Indonésie à Singapour s'est écrasé avec 262 personnes à bord. Et un an plus tard, un avion militaire s'est écrasé sur une zone résidentielle à Medan (Sumatra) faisant plus de 140 morts au total.