D'après l'armée israélienne, deux roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza --enclave sous contrôle des islamistes du Hamas-- vers Israël, dont l'une a été interceptée par le bouclier antimissile israélien.

La seconde roquette s'est abattue sur la ville d'Ashdod, située entre Gaza et la métropole de Tel-Aviv, selon les services de secours locaux qui ont fait état d'au moins deux blessés légers.

Ces tirs ont coïncidé avec la cérémonie de signature à la Maison Blanche des accords de normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn.

A Washington, le président américain Donald Trump a évoqué "un nouveau Moyen-Orient" et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que les accords pouvaient "mettre fin au conflit israélo-arabe".

Mais, à Ramallah, le président palestinien Mahmoud Abbas a assuré qu'il n'y aurait "aucune paix" sans "la fin de l'occupation israélienne" en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

"Il n'y aura aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l'occupation et le respect des pleins droits du peuple palestinien", a-t-il indiqué dans un communiqué.

 Trêve fragile 

Selon des témoins dans la bande de Gaza, au moins une roquette a été tirée du nord de cette enclave vers Israël.

Aucune des factions palestiniennes établies dans le territoire palestinien n'a revendiqué ces tirs dans l'immédiat.

Mais le Jihad islamique, second groupe armé de Gaza après le Hamas, a indiqué après les tirs de mardi que ces accords "injustes" allaient "pousser" les "forces de la résistance à poursuivre le jihad".

Le mouvement Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a multiplié en août les lancers de ballons incendiaires et a mené plusieurs tirs de roquettes depuis l'enclave --sous blocus israélien depuis plus de dix ans-- vers Israël.

L'Etat hébreu a répliqué avec notamment des frappes aériennes de nuit sur des positions de ce groupe armé.

Mais les deux camps sont parvenus début septembre à un accord, grâce à une médiation du Qatar, afin de cesser les hostilités et de remettre sur les rails une trêve fragile en vigueur depuis environ un an et demi.

 "Trahison" 

Evoquant un "jour sombre", les factions palestiniennes avaient appelé à des manifestations mardi pour dénoncer les accords de normalisation. Mais ces rassemblements n'ont réuni que quelques centaines de personnes en Cisjordanie occupée et à Gaza, selon les équipes de l'AFP.

"Non à la normalisation avec l'occupant" israélien, "Les accords de la honte" ou encore "Trahison", pouvait-on lire sur des banderoles lors d'une manifestation à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

A Gaza, des manifestants ont piétiné et incendié des effigies de Benjamin Netanyahu, du roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al-Khalifa et du prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed al-Nahyane.


Les accords de normalisation servent uniquement les intérêts d'Israël et non ceux des Palestiniens considèrent 86% des habitants de Cisjordanie et de Gaza, selon une enquête d'opinion publiée mardi par un centre palestinien de sondages.

"Nous disons au régime bahreïni et aux Emirats que cette normalisation est une trahison totale de la cause palestinienne et des espoirs de la nation arabe", a affirmé Ahmad al-Medalal, un responsable du Jihad islamique.

Le chef de l'opposition israélienne Yaïr Lapid a estimé auprès de l'AFP qu'il était dans "l'intérêt d'Israël de négocier avec les Palestiniens".


"Je le dis crûment: nous devons aller de l'avant et discuter avec les Palestiniens sur la base de la solution à deux Etats (...) Mais ce gouvernement n'a aucune intention de négocier avec les Palestiniens car, pour Netanyahu, c'est un danger politique et avec ses ennuis juridiques (il est jugé pour corruption, NDLR) il a besoin de sa base électorale qui s'oppose à tout accord" avec les Palestiniens, a déclaré M. Lapid.

La mairie de Tel-Aviv a été illuminée en soirée aux couleurs des drapeaux des Emirats et de Bahreïn. Idem sur les murs de la Vieille ville de Jérusalem où les projections des drapeaux de ces deux pays arabes du Golfe côtoyaient aussi ceux des Etats-Unis et d'Israël