Dans le nord-est de la Syrie, l’armée turque et ses milices sont depuis plusieurs jours confrontés à la composante chrétienne syriaque des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui a lancé ce mercredi un appel à l’aide aux Etats-Unis en dénonçant de la part d’Ankara une volonté de mener une « guerre contre les infidèles » .

L’enjeu est la localité de Tall Tamr, qui se trouve au croisement de deux routes importantes, dont la M4 que semblent vouloir contrôler totalement l’armée turque et ses milices syriennes.

Or Tall Tamr est à 38 km de la frontière turque, soit en dehors de la zone de 120km de long et de 32 km de profondeur sur laquelle les présidents russe Poutine et turc Erdogan s’étaient entendus à Sotchi le 22 octobre dernier. L’accord spécifiait que l’opération « Source de Paix » lancée par la Turquie était figé dans cette zone.

Un accord de cessez-le-feu avait aussi été conclu entre les Etats-Unis et la Turquie le 17 octobre. Mais les combats n’ont jamais cessé.

Tall Tamr est une ville à dominante kurde et arabe, mais plusieurs villages aux alentours sont syriaques. Ces villages se relèvent à peine de l’occupation par l’État islamique et des combats destructeurs pour les libérer. Les FDS ont chargé les Syriaques de les protéger.

Des drones turcs « meurtriers »

Mardi, les milices syriennes se sont approchées à 2 km de Tall Tamr avant d’être repoussées dans la soirée par l’alliance arabo-kurde-chrétienne des FDS. « Il n’y a pas un jour de cessez-le-feu », accuse Dave Eubanks, le président de l’ONG Free Burma Rangers qui se trouve à Tall Tamr. Il accuse la Turquie d’avoir déployé des tanks aux abords de la ville et d’utiliser des drones « meurtriers » dans ses opérations. Il appelle le président Trump à instaurer une zone d’interdiction de survol (No-Fly zone).

Dans un communiqué publié alors que le président Erdogan est en visite officielle à Washington, le Conseil national syriaque de Syrie et l’Union syriaque américaine affirme ne pas comprendre pourquoi « les Etats-Unis autorisent la Turquie, et leurs forces terrestres radicales inspirées par l’idéologie de l’État islamique, à entrer et à détruire notre territoire ».

« Nous nous sommes battus avec les forces américaines pour mettre ces terroristes dehors et maintenant, vous les laissez entrer en soutenant la Turquie », conclut le communiqué.