La foule a scandé des chansons rap anti-gouvernementales et brandi des pancartes dénonçant le gouvernement de l'ancien chef de l'armée Prayut Chan-O-Cha, et appelant à l'abolition de la sévère loi sur la lèse-majesté en place dans le royaume.

"Le gouvernement ne s'occupe pas de nous, alors soit nous nous manifestons soit nous sommes perdants de toute façon ... les lois protègent les riches et laissent le peuple sans rien", a déclaré Sang, un étudiant de 18 ans qui ne s'identifie que sous ce seul nom.

Des pancartes dénonçaient la loi 112 du code criminel sur la diffamation qui protège la monarchie en Thaïlande et le richissime monarque Maha Vajiralongkorn, régnant sous le nom de Rama X, contre toute forme de critique.

Les manifestants portaient un uniforme noir inspiré par les tenues des protestataires du mouvement pro-démocratie de Hong Kong.

Des centaines de policiers ont tenté de bloquer l'accès au monument de la Démocratie, mais des heurts ont éclaté lorsque des protestataires ont escaladé des barrières métalliques et forcé le passage à travers le cordon policier pour se rassembler devant le mémorial, édifié pour marquer la révolution de 1932 à l'origine de la monarchie constitutionnelle.

Des analystes estiment que le royaume, où la monarchie absolue a été remplacée par une monarchie constitutionnelle après la révolution de 1932, présente une tendance au retour à l'absolutisme sous le règne de Rama X et des généraux ultra-royalistes qui l'entourent.

La manifestation de samedi pourrait être la plus importante dans le royaume depuis le coup d'Etat du général Prayut Chan-O-Cha en 2014, resté au pouvoir après des élections controversées en 2019.

Les dirigeants du mouvement naissant rassemblant jeunes et étudiants soulignent que leurs actions s'organisent sur les réseaux sociaux, où s'exprime quotidiennement la colère contre le gouvernement.

L'économie thaïlandaise devrait se contracter de 10% en 2020 en raison de l'épidémie de nouveau coronavirus, avec le coup d'arrêt infligé au tourisme et aux exportations qui a surtout frappé les classes moyennes et laborieuses.

Des centaines de milliers d'étudiants devraient selon les prévisions se retrouver au chômage lorsqu'ils obtiendront leur diplôme en septembre.