Des milliers de policiers anti-émeute ont été mobilisés jeudi afin de prévenir toute manifestation pro-démocratie d'envergure à l'occasion du jour-anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

La République populaire de Chine fête sa création chaque 1er octobre, un jour férié qui donne lieu à des festivités officielles très encadrées. Dans l'ex-colonie britannique, cette fête nationale est aussi l'occasion pour une partie de la population d'exprimer sa colère contre la volonté de Pékin de revenir sur les libertés garanties dans le cadre de l'accord de sa rétrocession à la Chine en 1997.

Des hélicoptères déployant des drapeaux chinois et hongkongais ont survolé le territoire au moment où Mme Lam et des responsables chinois participaient à une commémoration officielle dans le centre des expositions, sous la protection étroite des forces de l'ordre.

"Au cours des derniers mois, un fait incontestable pour tout le monde est que notre société est à nouveau en paix", a déclaré Mme Lam dans son discours. "La sécurité nationale de notre pays a été protégée à Hong Kong et nos citoyens peuvent à nouveau exercer leurs droits et libertés conformément aux lois", a-t-elle ajouté.

L'an dernier, le 70e anniversaire de la création de la Chine populaire avait donné lieu à de violents affrontements entre manifestants et policiers.

Les autorités ont interdit cette année toute manifestation, pour des raisons de sécurité et à cause des mesures de lutte contre le coronavirus qui empêchent les rassemblements publics de plus de quatre personnes.

Mme Lam, nommée par Pékin, avait également invoqué le coronavirus pour reporter en juillet d'un an les élections législatives qui devaient se dérouler début septembre. C'est l'un des rares scrutins qui permet aux Hongkongais de voter.

lus de 10.000 personnes ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations au cours des 16 derniers mois, ainsi que plusieurs dirigeants pro-démocratie.

La mobilisation a été très forte jusqu'à la fin de l'an dernier, et sa popularité a été confirmée dans les urnes fin novembre lors des élections locales, qui ont été marquées par un triomphe du camp pro-démocratie.

Mais ces milliers d'arrestations, et surtout l'arrivée du coronavirus, sont parvenus à étouffer le mouvement au début de l'année. Pékin a durci sa répression dans la foulée, au travers notamment d'une loi sur la sécurité nationale imposée fin juin, qui réprime notamment la sécession et la subversion, en prévoyant des peines particulièrement sévères.