Asie

Comme chaque année à pareille époque, l’Inde est frappée par des pluies de mousson qui s’abattent sur la côte ouest du pays. L’État du Kerala, région touristique du sud du pays, a particulièrement été touché : 76 personnes y auraient perdu la vie, tandis que 58 sont toujours portées disparues. Un communiqué officiel diffusé dans la matinée de lundi faisait état d’un total de 287 585 personnes ayant été secourues et placées dans 1 654 camps temporaires. L’an dernier, dans ce même État, les intempéries avaient déjà causé de nombreux dégâts dans le sud du pays, entraînant la mort de 450 personnes dans ce que certains avaient décrit comme “les pires inondations du siècle”.

Plus au nord, dans les États du Gujarat, du Maharashtra et du Karnataka, les autorités dénombraient 108 décès, tandis que plusieurs certaines de milliers personnes ont été déplacées.

Ce lundi en milieu de journée, le dernier bilan provisoire s’établissait donc à 184 décès et 1 million de personnes déplacées. Un nombre prévisionnel qui devrait vraisemblablement s’aggraver dans les jours à venir, avec la décrue des eaux.

Ce lundi, la menace restait présente avec un ciel nuageux. Toutefois, on apprenait à la mi-journée que les pluies commençaient à se calmer tandis que dans les provinces de Maharashtra et Kerala, l’eau commençait doucement à se retirer.

Notons que l’autorité indienne de gestion des catastrophes estime que la saison des pluies provoque en moyenne tous les ans 1 600 décès directs ou indirects.

Un phénomène qui gagne en intensité

Phénomène annuel en Inde, la mousson se déroule entre juin et septembre, et permet à ce pays touché par la sécheresse le reste de l’année de se constituer d’importantes réserves d’eau. Revers de la médaille : ces intempéries causent également de nombreux dégâts et sont souvent très meurtrières. En effet, aux pluies diluviennes succèdent les torrents de boues qui emportent tout sur leur passage, inondant maisons et routes.

Ces dernières années, la saison des pluies a été particulièrement violente en Inde. Les relevés pluviométriques montrent en effet que la mousson indienne se renforce depuis 2002. C’est ce qu’ont estimé des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge (États-Unis) dans une étude publiée en 2017.

Chien Wang et Qinjian Jin ont relevé que si pendant près de 50 ans la mousson n’a apporté “relativement que peu de pluie sur le nord et le centre de l’Inde”, cela fait aujourd’hui 15 ans que la tendance s’est inversée. La raison ? Ces mêmes chercheurs avancent la corrélation, depuis 2002, entre la hausse de la température des eaux de l’océan Indien qui s’est ralentie, et la forte hausse de la température du sous-continent indien, allant de 0,1 °C à 1 °C par an.

© AFP