Selon l'acte d'accusation, la jeune fille de 16 ans avait bu "une grande quantité d'alcool ce qui avait brouillé ses repères", l'empêchait de "contrôler ses actions" et de consentir à toute relation lorsque deux hommes, âgés de 27 et 28 ans, et deux mineurs, l'ont violée dans une chambre d'hôtel d'Eilat le 12 août.

Selon l'acte d'accusation déposé au tribunal de Beer-Sheva (sud) et consulté par l'AFP, ces quatre prévenus ont été inculpés pour "viol dans des circonstances aggravantes", et les sept autres pour "indécence" et "non dénonciation d'un viol".

"Les accusés ont traité la plaignante comme un objet, comme un simple instrument pour assouvir leurs pulsions. Aucun d'entre eux n'a essayé d'arrêter (le viol, NDLR) et de fournir à la victime une assistance", poursuit l'accusation, précisant que l'un des adultes avait même filmé la scène avec son téléphone portable.

L'histoire du viol collectif d'Eilat a fait les gros titres des journaux télévisés le 20 août lorsque la presse a mentionné le fait que des hommes se tenaient en file devant la chambre d'hôtel de la jeune fille, attendant leur tour pour la violer.

Le soir même, des manifestations ont eu lieu à travers le pays en soutien à la jeune fille.

Et la semaine dernière, des milliers de personnes ont observé une grève pour dénoncer les violences sexuelles contre les femmes après cette affaire qui a fait réagir jusqu'au sommet de l'Etat.

Selon Shani Moran, l'avocate de la plaignante, "celle-ci ne sort presque pas de chez elle" et n'a pas été en mesure d'effectuer sa rentrée scolaire en raison de cette affaire.

"Ce qu'elle a subi, elle ne pourra jamais l'oublier (...) elle y fait face petit à petit, mais il y a des choses dont elle se souvient encore et c'est très difficile pour elle", a indiqué son avocate.

"Lorsque la plainte a été déposée il y a deux semaines (...) une équipe de 20 policiers a immédiatement été mobilisée pour rechercher et trouver les suspects", avait indiqué la police israélienne.

Les médias israéliens avaient au début évoqué un viol collectif par 30 hommes. La police a elle arrêté une quinzaine de personnes. La justice a dit étudier la possibilité d'inculper d'autres suspects.