Asie

Des dizaines de milliers de personnes ont participé lundi soir à la grande première du premier spectacle de masse de l'année en Corée du Nord, une grosse production à la gloire du régime qui n'a cependant pas été du goût du leader Kim Jong Un. Ces "Jeux de masse" typiques du régime nord-coréen mettent en scène une foule de figurants, principalement des étudiants et des écoliers, bougeant dans des chorégraphies très élaborées.

En arrière-plan, répartis sur une partie des tribunes du Stade du Premier Mai de Pyongyang, des milliers d'enfants tournent à l'unisson les pages de livres dont les couleurs composent de très impressionnants tableaux.

Mais Kim Jong Un n'a pas été conquis par ce tout nouveau spectacle de propagande intitulé "La terre du peuple". Après la fin, "il a appelé les créateurs du spectacle et les a critiqués pour l'esprit erroné de leur création et pour leur attitude de travail irresponsable", rapporte mardi l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Rappelant que les artistes "ont un rôle très important dans la construction culturelle du socialisme", M. Kim a "déterminé des tâches importantes afin de mettre correctement en oeuvre la politique révolutionnaire du Parti dans les domaines de la littérature et de l'art", poursuit l'agence.

On ignore ce qui a suscité le courroux de M. Kim, qui était accompagné au spectacle par son épouse Ri Sol Ju et sa sœur et proche conseillère Kim Yo Jong, selon KCNA. Ces spectacles de masse nécessitent des mois de répétitions et les agences de voyage annonçaient que "La terre du peuple" se jouerait pendant cinq mois, jusqu'en octobre. Mais on ignore ce qu'il en sera s'il n'a pas été apprécié par Kim Jong Un. KCNA n'a diffusé qu'une seule image du spectacle en lui-même. On y voit des milliers de figurants sur le terrain du stade agitant des drapeaux autour d'une fleur géante.

Un compte rendu du spectacle par les médias officiels indique qu'il a notamment proposé des portraits du fondateur du régime Kim Il Sung, de son fils et successeur Kim Jong Il, et même de Kim Jong Un.