Dans un rapport rendu public jeudi, cet expert indépendant, Thomas Andrews, qui est mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, souligne que "même si l'avenir de la Birmanie est déterminé par son peuple, la communauté internationale doit agir de manière urgente et décisive pour le soutenir".

Aussi, il recommande au Conseil de sécurité, qui se réunit vendredi à huis clos pour discuter de la Birmanie, d'"imposer un embargo mondial sur les armes" qui lui sont livrées. 41 pays, dont le Canada et les Européens, ont déjà mis en place un tel embargo, selon l'expert.

M. Andrews appelle en outre le Conseil de sécurité à "imposer des sanctions économiques ciblées à l'armée birmane", notamment à s'en prendre à "ses sources de revenus".

Il lui demande également de renvoyer le dossier birman devant la Cour pénale internationale (CPI) pour enquêter sur "les crimes atroces qui ont été commis, y compris le génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité" et d'éventuellement engager des poursuites.

L'expert américain exhorte aussi l'ensemble de la communauté internationale à "refuser de reconnaître la junte militaire comme étant le gouvernement légitime représentant le peuple" birman.

Il dit espérer que "la communauté internationale se montrera à la hauteur de ce moment historique en suivant l'exemple et l'inspiration du peuple" birman.

En Birmanie, la population a de nouveau manifesté jeudi pour réclamer le rétablissement de la démocratie, mais la peur était présente dans tous les esprits au lendemain de la répression la plus meurtrière depuis le coup d'Etat du 1er février.

"Le mouvement de désobéissance civile non violente s'avère remarquablement efficace, puisant son pouvoir (...) (dans les) désirs démocratiques et inébranlables du peuple", a relevé le Rapporteur spécial de l'ONU.

"En fait, la Birmanie semble ne jamais avoir été aussi unifiée", a-t-il ajouté.

Le 17 février, le Rapporteur s'était dit "terrifié" par le risque d'escalade de la violence dans ce pays.

Il avait également appelé les entreprises étrangères à couper les liens avec la Birmanie si les généraux "continuent sur cette voie violente".

Le mandat de Rapporteur spécial de l'ONU sur la Birmanie existe depuis 1992. M. Andrews a quant à lui été nommé l'an dernier. Dès son arrivée, il avait envoyé un courrier à Aung San Suu Kyi, qui dirigeait alors le gouvernement civil en Birmanie.

Sa demande de se rendre dans ce pays avait toutefois été refusée, les autorités ayant invoqué la pandémie de Covid-19, selon son rapport.

Le bureau de la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet réclame également "depuis longtemps" une présence en Birmanie.