Le ministre indien de la Défense Rajnath Singh a précisé qu'en vertu de l'accord conclu avec Pékin pour la région du lac Pangong, dans le Ladakh, "les deux parties cesseront leurs déploiements avancés de manière progressive, coordonnée et vérifiée".

L'accord a été conclu à l'occasion d'un neuvième cycle de pourparlers militaires de haut niveau. Une prochaine réunion aura lieu après "désengagement complet", a-t-il ajouté.

Des combats au corps-à-corps à la frontière du Sikkim en mai avaient ravivé les tensions frontalières entre les deux pays, les plus peuplés du monde.

En juin, au moins 20 soldats indiens et un nombre inconnu de forces chinoises avaient été tués dans un affrontement sur leur frontière himalayenne de la région du Ladakh.

La Ligne de contrôle effectif ("Lign of Actual Control", LAC), frontière de facto entre l'Inde et la Chine, n'est pas correctement démarquée.

L'accord doit permettre "de rétablir substantiellement la situation qui existait avant le début de l'antagonisme de l'an dernier", a expliqué M. Singh devant le Parlement. Le ministre a toutefois souligné : "nous n'avons rien concédé".

Il a indiqué en outre que le désengagement avait commencé mercredi et que des "mesures mutuelles et réciproques" devaient être prises, notamment en ce qui concerne le retrait de structures bâties depuis avril et l'arrêt temporaire des activités militaires, y compris des patrouilles, au nord du lac Pangong.

La veille, le porte-parole du ministère chinois de la défense, Wu Qian, avait évoqué à l'occasion d'un commentaire laconique, que les troupes de part et d'autre de la ligne de front avait "commencé à organiser le désengagement de manière synchronisée et planifiée le 10 février".

D.S. Hooda, officier indien à la retraite, qui a dirigé jusqu'en 2016 le Commandement du Nord de l'Inde, a déclaré à l'AFP que l'accord constitue "un bon début pour le processus de désengagement souhaité".

Selon lui, l'accord est conforme aux demandes de New Delhi pour une "restauration du statu quo".

"Un moratoire temporaire sur les patrouilles (...) à mon avis, c'est une bonne chose. Un affrontement entre patrouilles n'améliorera pas la situation. La situation me paraît maintenant équilibrée des deux côtés", a déclaré M. Hooda à l'AFP.

Après l'affrontement au corps-à-corps du 15 juin dernier, de hauts responsables des armées chinoise et indienne s'étaient rencontrés et avaient convenu d'oeuvrer pour apaiser les tensions.

Les deux pays avaient toutefois envoyé dans cette région des dizaines de milliers de soldats supplémentaires ainsi que des armes lourdes.

Le dernier conflit ouvert entre les deux nations remonte à la guerre-éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l'armée chinoise.