Asie

La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU s'est déclarée mardi préoccupée par la répression des manifestations pro-démocratie à Hong Kong et a réclamé une enquête impartiale dans l'ex-colonie britannique. Michelle Bachelet "condamne toute forme de violence (...) et enjoint les autorités hongkongaises à ouvrir une enquête rapide, indépendante et impartiale" sur le comportement des forces de l'ordre, a indiqué son porte-parole Rupert Colville lors d'une conférence de presse à Genève.

Elle rappelle que le droit à la liberté d'expression et au rassemblement pacifique, ainsi que le droit de participer aux affaires publiques sont reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et dans la Loi Fondamentale qui régit Hong Kong.

Mais elle souligne que son Bureau a en sa possession "des preuves crédibles montrant que des agents des forces de l'ordre ont fait usage de leurs armes d'une manière interdite par les normes internationales".

Le Haut-Commissariat cite notamment des tirs de grenades lacrymogènes "dans des zones peuplées et confinées, directement sur des manifestants (...) avec le risque considérable de tuer ou de blesser gravement".

"Le Bureau demande expressément aux autorités de Hong Kong d'enquêter immédiatement sur ces incidents (...) et d'agir avec retenue afin que les droits de ceux qui expriment leurs opinions pacifiquement soient respectés et protégés", a indiqué le porte-parole.

L'ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais qui entendait autoriser les extraditions vers Pékin, le mouvement a considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine dans les affaires intérieures.

Ce mardi matin, l'aéroport de Hong Kong suspendait à nouveau toutes les procédures d'enregistrement pour ses vols, des manifestants pro-démocratie ayant bloqué tous les terminaux.