La journaliste citoyenne Zhang Zhan est devenue lundi la première personne condamnée par la Chine pour avoir diffusé une information indépendante sur Wuhan, la ville qui a été l'épicentre du nouveau coronavirus. Elle a écopé de quatre ans de prison. Ses vidéos, qu'elle diffusait sur les réseaux sociaux, révélaient le chaos dans les hôpitaux de la métropole de 11 millions d'habitants, coupée du monde à partir du 23 janvier 2020 et ce pour 76 jours.

"Selon des sources crédibles, Mme Zhang a été soumise à de la torture et à des mauvais traitements pendant sa détention et son état de santé s'est gravement détérioré. Il est essentiel qu'elle reçoive une assistance médicale adéquate", indique un communiqué des services du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

L'UE réclame sa "libération immédiate", ainsi que celle du défenseur des droits humains Yu Wensheng, un avocat dont la condamnation à quatre ans de prison a été confirmée le 13 décembre dernier par la justice chinoise, "sans donner à ses avocats la possibilité de présenter une déclaration de défense conforme à la procédure pénale chinoise", selon ce communiqué.

L'Union répète aussi ses appels à la libération d'autres défenseurs des droits humains détenus ou condamnés, dont Li Yuhan, Huang Qi, Ge Jueping, Qin Yongmin, Gao Zhisheng, Ilham Tohti, Tashi Wangchuk, Wu Gan, Liu Feiyue, "ainsi que de tous ceux qui se sont livrés à des activités de rapportage dans l'intérêt public."

Ces demandes interviennent au lendemain d'une décision des Vingt-Sept qui ont ouvert la voie à un accord de protection réciproque des investissements entre l'Union européenne et la Chine, après des "progrès" dans les négociations sur des engagements de Pékin à combattre le travail forcé.

Mais "les restrictions à la liberté d'expression et à l'accès à l'information, l'intimidation et la surveillance des journalistes, les détentions, les procès et les condamnations de défenseurs des droits humains, d'avocats et d'intellectuels en Chine se multiplient et continuent d'être une source de grave préoccupation", soulignait mardi le porte-parole de M. Borrell.