L'un des djihadistes du groupe Etat islamique connus sous le nom de "Beatles", placés sous le contrôle de l'armée américaine en raison de l'offensive turque en Syrie, a indiqué avant son transfert vouloir rentrer au Royaume-Uni. "Si le Royaume-Uni veut me juger, je me défendrai comme je pourrai", a déclaré El Shafee el-Sheikh à la chaîne britannique ITV dans un entretien réalisé il y a une semaine et dont des extraits ont été diffusés jeudi. Il a ajouté n'avoir "jamais commis de crime aux Etats-Unis".

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient sorti de Syrie ces combattants détenus par les Kurdes et les avaient "transférés dans un endroit sûr".

Les deux djihadistes, selon le Washington Post et CNN, sont Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh, qui faisaient partie d'un quatuor surnommé par leurs otages "les Beatles" en raison de leur accent anglais. Leur unité avait enlevé des journalistes étrangers, torturé et décapité certains captifs, parmi lesquels le journaliste américain James Foley, tué en 2014, ou encore le travailleur humanitaire David Haines.

D'origine soudanaise, El Shafee el-Sheikh détenait la nationalité britannique avant d'en être déchu.

Plusieurs pays redoutent que l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre les forces kurdes, alliées des Occidentaux dans la lutte contre l'EI, ne permette un sursaut du groupe djihadiste alors qu'environ 10.000 de ses combattants sont détenus dans des camps contrôlés par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Parmi ces prisonniers figurent près de 2.000 djihadistes étrangers, que leurs pays d'origine refusent de reprendre, dont Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh, originaires de Londres. Le troisième membre du groupe est mort dans une frappe de drone et le quatrième est en prison en Turquie.

Beth Haines, la fille du travailleur humanitaire exécuté David Haines, a salué le transfert des "Beatles" de l'EI sous contrôle américain.

"Ce que nous attendons, c'est la justice, c'est tout. C'est extrêmement important pour nous et c'est un soulagement que leurs chances de s'échapper soient très réduites maintenant", a-t-elle réagi auprès de ITV.

La question des djihadistes partis du Royaume-Uni combattre dans les rangs de l'EI a suscité un vif débat au début de l'année après l'annonce en mars de la mort en Syrie du bébé de Shamima Begum, déchue de sa nationalité britannique un mois plus tôt.

La jeune fille de 19 ans avait demandé à rentrer au Royaume-Uni avec son fils Jarrah, auquel elle avait donné naissance en février, mais le gouvernement avait refusé, s'attirant de vives critiques.