Pyongyang a menacé mercredi de renforcer sa présence militaire sur les anciens sites de la coopération intercoréenne et de reconstruire certains postes de garde le long de la Zone démilitarisée, faisant un peu plus monter la tension après avoir démoli le bureau de liaison avec la Corée du Sud.

La Corée du Nord a aussi affirmé avoir rejeté une proposition qu'elle aurait reçue du président sud-coréen Moon Jae-in d'envoyer un émissaire pour des discussions.

Kim Yo Jong, la puissante soeur du leader nord-coréen Kim Jong Un, y a vu "une proposition sinistre et manquant de tact", selon l'agence nord-coréenne KCNA. De son côté, l'armée nord-coréenne a affirmé qu'elle allait reprendre les manoeuvres militaires dans la zone frontalière et qu'elle se préparait à envoyer des tracts en direction du Sud.

Des appels au calme ont émané des grandes capitales occidentales après la démolition mardi par Pyongyang du bureau de liaison intercoréen qui avait été ouvert dans la ville nord-coréenne de Kaesong en septembre 2018, et était alors un des symboles de l'extraordinaire détente apparue cette année-là sur la péninsule.

Il s'agissait du premier instrument physique permanent de communication et était destiné à développer les relations intercoréennes, améliorer les relations entre les Etats-Unis et le Nord, et apaiser les tensions militaires.

Mais les relations Nord-Sud n'ont cessé de se dégrader dans la foulée du fiasco du deuxième sommet entre le président américain Donald Trump et M. Trump et Kim, en février 2019 à Hanoï.

Certains experts soupçonnent le Nord de chercher désormais à créer de toutes pièces une crise pour obtenir des concessions, sur fond d'impasse dans les négociations internationales sur ses programmes nucléaires.