En Corée du Sud, tous les moyens sont bons pour freiner la propagation du coronavirus. Face à une troisième vague particulièrement virulente depuis fin novembre, le pays redouble de créativité pour incier ses habitants à respecter les règles sanitaires en vigueur. Quitte à encourager la délation.

Les autorités ont en effet récemment invité la population à signaler les individus qui enfreignent les règles sanitaires, par exemple dans le cas du non-respect d'une quarantaine ou du port du masque. Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité est même allé jusqu'à promettre des bons d’achat d’une valeur de 100 000 wons (environ 75 euros) "aux cent personnes les plus actives dans le domaine”, révèle le quotidien coréen Chosun Ilbo.

Cette politique semble remporter le succès escompté. Selon le quotidien Maeil Kyongje, l'application Safety Report aurait enregistré 31 312 déclarations relatives au Covid-19 durant le mois de décembre, soit un chiffre deux fois plus élevé qu'au mois de novembre.

"Les gens se surveillent les uns les autres"

Si la méthode employée par Séoul paraît porter ses fruits, elle fait tout de même l'objet de critiques et soulève notamment des interrogations éthiques. "Le gouvernement est en train de fabriquer une société de ‘Small Brothers’ où les gens se surveillent les uns les autres, au risque de porter atteinte à leurs droits fondamentaux”, déplore Huh Young, professeur de droit à l’université Kyung Hee à Séoul.

Cette politique de délation inquiète également Kim Jin-tae, ancien député de l’opposition, car "elle pousse les gens à se méfier les uns des autres alors qu’ils sont déjà au bout du rouleau”.

Depuis le début de l'épidémie, 65.818 contaminations au Covid-19 ont été détéctées en Corée du Sud, et 1.027 personnes sont décédées.