La fiancée turque du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné par des agents saoudiens à Istanbul en octobre 2018, a affirmé, vendredi, que "personne n'a le droit de pardonner ses meurtriers", après le geste de clémence annoncé par les fils du défunt. 

"Le piège qui lui a été tendu et son meurtre haineux n'ont pas de délai de prescription et personne n'a le droit de pardonner ses meurtriers. On ne s'arrêtera pas avant que justice soit faite pour Jamal", a tweeté la fiancée, Hatice Cengiz.

Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné et son corps découpé en morceaux le 2 octobre 2018 dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul où il s'était rendu pour récupérer un document.

Ses enfants ont déclaré, vendredi, qu'ils "pardonnaient" aux assassins de leur père, une annonce qui devrait permettre aux accusés d'échapper à la peine de mort, selon des analystes.

Les autorités saoudiennes n'ont pas publiquement réagi à cette annonce.

À l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison pour l'assassinat de Jamal Khashoggi. Onze personnes avaient été inculpées au total.

Le verdict, prononcé en décembre, a été qualifié de "parodie de justice" par les organisations internationales de défense des droits humains.

Après avoir nié l'assassinat, les autorités de Ryad ont affirmé qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants.

Mais des responsables turcs et américains ont désigné le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, comme étant le commanditaire du meurtre.