Deux avions du régime syrien ont été abattus dimanche par l'armée turque dans la région d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie, où Ankara a lancé une offensive contre les forces du président Bachar al-Assad, selon des sources concordantes.

A Damas, l'agence officielle syrienne Sana a indiqué que deux avions avaient été "visés" par l'armée turque, précisant que les deux pilotes s'étaient éjectés et étaient "sains et saufs". En Turquie, le ministère de la Défense a affirmé dans un communiqué que "deux avions (Soukhoi) SU-24 appartenant au régime (syrien) et qui attaquaient nos avions ont été abattus", sans en revendiquer de manière explicite la responsabilité. Selon l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme (OSDH), les deux Soukhoi Su-24 ont été abattus par un F16 de l'armée turque dans les zones tenues par le régime dans la province d'Idleb.

La Turquie, qui soutient des groupes rebelles syriens, déploie des forces en Syrie voisine principalement dans la région d'Idleb, grand bastion rebelle et djihadiste que le pouvoir syrien cherche à reprendre. Plus tôt dans la journée, la Turquie a annoncé avoir lancé il y a trois jours une "opération" contre le régime syrien à Idleb, en réponse à des attaques ayant tué une trentaine de soldats turcs.

"L'opération 'Bouclier du Printemps+', déclenchée après la vile attaque du 27 février à Idleb, se poursuit avec succès", a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar. Cette attaque imputée par Ankara au pouvoir syrien a tué 34 soldats turcs. Dimanche également, l'armée syrienne a abattu un drone turc dans la province d'Idleb, près de la ville de Saraqeb, a indiqué Sana en diffusant une vidéo d'un appareil en flammes. "Tout avion qui viole notre espace aérien sera traité comme un avion ennemi qui doit être abattu", a dit Sana, citant une source militaire.

Depuis vendredi, 74 soldats syriens ont été tués dans des bombardements turcs dont au moins 26 dans des raids de représailles menés par des drones turcs, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dix membres du Hezbollah libanais, allié de Damas, ainsi quatre autres miliciens pro-Téhéran ont par ailleurs été tués dans les frappes d'Ankara, selon l'OSDH.