Les autorités du Bangladesh avaient coupé il y a un an l'accès mobile à internet dans ces camps tentaculaires du sud-est du pays, suscitant une condamnation internationale.

Le ministre des Affaires étrangères Masud bin Momen a soutenu lundi que la diffusion de "rumeurs sans fondement et de désinformation" pourrait créer la panique et déstabiliser les camps où plusieurs Rohingyas ont été tués dans des affrontements internes ces dernières années.

"Cependant, répondant aux requêtes de nos amis et aussi au besoin d'éduquer et de dispenser la réponse au Covid-19, pour une plus grande connectivité à internet, nous avons pris la décision de lever les restrictions sur les réseaux mobiles 3G et 4G" a déclaré le ministre, indiquant que la décision serait "mise en oeuvre très bientôt".

L'obstruction d'internet avait perturbé la communication entre les différents camps ainsi qu'avec les Rohingyas toujours en Birmanie et ailleurs. Les virements d'argent provenant de la diaspora rohingya étaient également plus compliqués.

Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, l'absence d'accès à internet signifiait une propagation sans obstacle de la désinformation et des rumeurs, en particulier à propos du coronavirus.

La première contamination dans les camps a été detectée en mai, mais la crainte que le virus se répandrait rapidement ne s'est pas concrétisée pour le moment.

Pour Khin Maung, directeur de l'Association de la jeunesse rohingya, la restauration de l'accès à internet constitue "une très bonne nouvelle".

"Nous pouvons maintenant obtenir des informations à jour sur le Covid-19. Et nous pouvons mobiliser les gens contre les activités des trafiquants d'êtres humains", a-t-il déclaré.

Près de 750.000 Rohingyas ont traversé en août 2017 la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, et ont rejoint 200.000 autres Rohingyas. Ils ont fui une répression militaire dans l'État birman de Rakhine assimilée par l'ONU à un nettoyage ethnique.

La date du 25 août 2017 est commémorée par les Rohingyas comme le "Jour de souvenir du génocide".

Et malgré l'interdiction par le Bangladesh de manifester en raison des restrictions liées à la crise du Covid-19, les réfugiés devraient marquer la date par une "manifestation silencieuse" qui transformera les camps en villes fantômes selon les organisateurs.