Le nouveau comptage est lié à une définition plus large des cas d’infections.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, qui a officiellement contaminé près de 60 000 personnes et fait 1 367 morts en Chine continentale, des experts mettent en doute les chiffres officiels cités par les autorités chinoises, qui auraient eu tendance à largement en sous-estimer l’ampleur. Jeudi, surprise, la commission nationale (équivalent du ministère) de la Santé a annoncé 15 152 nouveaux cas et 254 décès supplémentaires. Soit, de loin, les plus fortes augmentations journalières qui aient été signalées depuis le début de la crise en décembre.

Comment expliquer cette explosion qui, paradoxalement, ne serait pas forcément synonyme d’une aggravation ? Ce nouveau comptage est en réalité lié à une nouvelle définition, plus large, des cas d’infections par les autorités sanitaires du Hubei. En effet, dorénavant, les malades de la province “diagnostiqués cliniquement” sont également comptabilisés. En d’autres mots, des patients suspects ayant subi une simple radio pulmonaire pourront désormais être considérés comme des malades “confirmés”, alors que, jusqu’ici, un test d’acide nucléique était indispensable pour qu’ils soient considérés comme tels. Et donc, on peut en quelque sorte se réjouir de lire que le nombre de nouveaux cas journaliers confirmés à 100 % par un test a, quant à lui, bel et bien poursuivi sa baisse, chutant officiellement de 3 062 à 1 820 au cours des quatre derniers jours.

Quant à expliquer pourquoi est intervenue cette nouvelle méthode, les autorités la justifient par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d’un traitement. Une solution “compréhensible”, selon Kentaro Iwata, professeur à l’Université de Kobe et expert en maladies infectieuses, car les hôpitaux sont débordés. Un avis que partage Yun Jiang, spécialiste de la Chine à l’Université nationale australienne, pour qui la nouvelle méthodologie est une “mesure pragmatique” face au manque de tests de dépistage.

Pénurie de médicaments en vue ?

Par ailleurs, plusieurs laboratoires pharmaceutiques européens ont attiré l’attention sur d’éventuelles pénuries de médicaments dans le cas où le coronavirus Covid-19 entraînerait des problèmes d’approvisionnement en substances actives et excipients, qui sont principalement produits en Asie. Quant aux ministres européens de la Santé, ils ont souligné jeudi la nécessité de mieux se coordonner face au nouveau coronavirus et de se prémunir contre des ruptures d’approvisionnement en équipements de protection en provenance de Chine. La commissaire chargée de la Santé Stella Kyriakides s’est voulue rassurante. “Tous les États membres ont des plans d’action et un bon niveau de préparation”, a-t-elle dit, assurant qu’il n’y avait “pas jusqu’à présent de pénurie de médicaments rapportée”.