Le chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, a été visé par une opération spéciale des forces américaines en Syrie et aurait été tué, affirment plusieurs médias américains alors que le président américain Donald Trump annonce une déclaration inhabituelle à 9h ce dimanche matin, 14h pour la Belgique.

Donald Trump a lui-même entretenu l’effet d’annonce en déclarant sur Twitter : « Quelque chose de très grand vient de se produire ».

Selon les médias américains, qui citent des « officiels », l’opération a eu lieu dans la région d’Idlib, la dernière poche des rebelles syriens au nord-ouest du pays. Cette région est le fief du Front al-Nosra, proche de l’idéologie d’al-Qaïda, mais où des centaines de combattants de l’Etat islamique s’étaient réfugiés à l’effondrement du califat.

Une opération de la CIA et de Delta Force

Selon CNN, des tests sont en cours afin de pouvoir confirmer formellement la mort du chef du groupe djihadiste responsable de multiples attentats sanglants à travers le monde, dont ceux de Paris et de Bruxelles en 2015 et 2016.

L’homme aurait fait exploser sa veste chargée d'explosifs pour se suicider. Il semble avoir été la cible d’une opération conjointe de l’unité d’élite Delta Force et de la CIA.

Si l'opération militaire américaine a effectivement été couronnée de succès, elle serait la plus importante visant un haut responsable djihadiste depuis la mort, le 2 mai 2011, d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda tué par les forces spéciales américaines à Abbottabad au Pakistan. Cette opération avait rehaussé la présidence de Barack Obama.

Un djihadiste irakien

Abou Bakr al-Baghdadi est un ressortissant irakien, né à Falloujah le 28 juillet 1971. Lors de l’invasion américaine de 2003, il avait créé un groupe djihadiste mais avait été emprisonné dans le camp de Bucca, où l’Etat islamique a été fondé avec l’aide d’anciens officiers de Saddam Hussein. C'est à Mossoul que le chef de l'EI avait fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri. En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

Dans un appel audio de trente minutes en septembre, il avait appelé les sympathisants de l’Etat islamique à libérer les combattants, « frères et soeurs », qui se trouvent dans les prisons kurdes et qui y sont encore, en majorité, malgré l’offensive turque.

© Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique, dans une vidéo de propagande en 2014.