"Je nie totalement, catégoriquement, qu'il y ait quoi que ce soit à nous dans le port, ni entrepôt d'armes, ni entrepôt de missiles (...) ni une bombe, ni une balle, ni nitrate" d'ammonium, a martelé le chef du Hezbollah dans une allocution télévisée. "Il n'y a absolument rien pour le moment, dans le passé ou dans le futur. Les enquêtes le prouveront", a-t-il ajouté. Des accusations ont circulé dans les médias ou au sein de l'opinion publique pointant du doigt l'influent mouvement chiite libanais. "Certains cherchent à dire aux Libanais que le Hezbollah est à blâmer (pour les explosions). C'est une fausse accusation", a martelé M. Nasrallah. 

La double explosion mardi soir dans le port de Beyrouth a fait plus de 150 morts et 5.000 blessés, selon un bilan toujours provisoire. Elle a été provoquée selon les autorités par plusieurs tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis six ans dans un entrepôt "sans mesures de précaution", de l'aveu même du Premier ministre. Une source judiciaire a rapporté vendredi cinq nouvelles arrestations parmi les fonctionnaires des douanes et du port, notamment des ingénieurs, portant à 21 le nombre total de personnes placées en détention provisoire. 

"Si l'armée a la confiance de tous les Libanais et des forces politiques et des leaders politiques, allez-y, chargez l'armée libanaise de mener l'enquête et d'annoncer les résultats, si vous dites que vous avez confiance en elle", a souligné vendredi M. Nasrallah. "Si dans ce dossier, l'État libanais et la classe politique, que ce soit le pouvoir ou l'opposition, ne réussissent pas à obtenir de résultat dans l'enquête et n'arrivent pas à traduire en justice" les responsables, "cela signifie qu'il n'y a pas d'espoir de construire un État" au Liban. 

Poids lourd de la vie politique libanaise, seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990), le Hezbollah est un grand ennemi du voisin israélien. L'organisation chiite libanaise, soutenue par Téhéran, intervient militairement dans le conflit en Syrie voisine au côté du régime de Bachar al-Assad. Dans la Syrie en guerre, des positions du Hezbollah et ses convois d'armes ont été pris pour cible par des bombardements israéliens ces dernières années.