Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong Ho, a qualifié vendredi son homologue américain, Mike Pompeo, d'"impitoyable toxine de la diplomatie américaine", selon des propos relayés par l'agence de presse officielle KCNA, sur fond de blocage des discussions entre les deux pays sur le programme nucléaire de Pyongyang.

M. Pompeo s'est prononcé mercredi, dans une interview publiée mercredi par le site politique Washington Examiner, en faveur du maintien de sévères sanctions imposées à la Corée du nord si le régime du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un n'acceptait pas de faire des progrès dans la dénucléarisation du pays.

Le chef de la diplomatie nord-coréeenne a répliqué vendredi en critiquant M. Pompeo.

La République populaire et démocratique de Corée (RPDC, le nom officiel du pays reclus) est prête "à la fois au dialogue et à l'impasse", a dit M. Ri, selon l'agence.

"Rien de décent ne peut être attendu de la part de Pompeo", a poursuivi le ministre nord-coréen dans une attaque visant le "patron" du département d'Etat. Selon lui, le chef de la diplomatie américaine ne fait que "jeter une ombre noire sur la perspective de négociatons" entre les deux pays.

"Lui qui n'a ni honte ni conscience. Il est vraiment assez impudent pour prononcer des paroles aussi irréfléchies qui ne nous laissent que déçus et sceptiques quant à la possibilité de résoudre tout problème avec un tel gars", a encore dit M. Ri.

Un porte-parole nord-coréen avait affirmé jeudi que Pyongyang n'était "pas intéressée" par une reprise du dialogue sur le nucléaire tant que Washington n'aura pas mis un terme à "l'escalade de ses activités militaires hostiles", au moment où l'envoyé spécial américain, Stephen Biegun, effectue une visite à Séoul en vue de renouer le dialogue.

Les pourparlers bilatéraux sont dans l'impasse depuis l'échec du second sommet à Hanoï en février entre le président américain Donald Trump et Kim Jong Un.

Les deux dirigeants s'étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), le "no man's land" qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953).

Cette rencontre avait permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après leur premier sommet de Singapour et l'échec de celui de Hanoï en février dernier.