"Je démissionnerai en avril. Je démissionnerai non pas pour démissionner, mais pour que des élections anticipées aient lieu. Mais je continuerai à exercer les fonctions de Premier ministre par intérim", a déclaré M. Pachinian lors d'une rencontre avec des Arméniens, selon une vidéo publiée sur sa page Facebook.

"Si vous confirmez (notre mandat), nous continuerons à vous servir mieux qu'auparavant, sinon, nous transférerons le pouvoir à qui vous voudrez", a-t-il promis.

Les élections législatives anticipées prévues le 20 juin doivent mettre fin aux turbulences politiques qui secouent l'Arménie depuis sa défaite cinglante dans la guerre qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan, pour le contrôle de l'enclave du Nagorny Karabakh à l'automne 2020.

Pendant des semaines, Nikol Pachinian a résisté aux manifestations et aux appels à sa démission. Très critiqué, il est dénoncé comme un "traître" par l'opposition pour avoir signé en novembre un accord de cessation des hostilités très défavorable à son pays.

Ce cessez-le-feu avait été négocié alors que la situation était catastrophique pour l'Arménie, acculée et poussée à la retraite sur plusieurs fronts tandis que l'armée azerbaïdjanaise menaçait la capitale du Nagorny Karabakh.

Porté au pouvoir en 2018 par une révolution populaire dénonçant la corruption des élites post-soviétiques, M. Pachinian a accentué la colère fin février en décidant de limoger plusieurs hauts responsables militaires, les accusant d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat.

Pouvoir et opposition ont fini par s'entendre sur les élections anticipées de juin, bien que cette dernière a appelé à une nouvelle manifestation dimanche.

Depuis cet accord, la loi martiale décrétée à cause de la guerre a été levée et la Cour constitutionnelle arménienne a ordonné l'abandon des poursuites contre l'ex-président Robert Kotcharian, un détracteur de M. Pachinian.