Le magnat hongkongais de la presse Jimmy Lai a été condamné vendredi à 14 mois de prison pour son rôle dans l'organisation en 2019 de deux grandes manifestations en faveur de la démocratie. M. Lai faisait partie des neuf personnalités de l'opposition reconnues coupables d'avoir organisé et participé à ces rassemblements. Selon les organisateurs, cette manifestation avait réuni 1,7 million de personnes, soit près d'un Hongkongais sur quatre. Ce chiffre n'a toutefois pas pu être vérifié indépendamment.

Vendredi, cet homme de 73 ans avait été dans un premier temps condamné à 12 mois de prison pour avoir organisé un rassemblement, puis à huit mois supplémentaires pour sa participation à une autre manifestation mais comme une partie des peines seront effectuées simultanément, il ne fera que 14 mois de détention.

C'est la première fois que ce patron de presse, actuellement en détention provisoire pour avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale imposée en juin par Pékin, est condamné pour son action militante.

Quatre autres militants ont été condamnés à des peines allant de 8 à 18 mois. Ces faits étaient passibles d'une peine de cinq ans d'emprisonnement.

Parmi les autres prévenus, figuraient l'ex-députée de l'opposition et avocate Margaret Ng, 73 ans, et l'avocat Martin Lee, 82 ans, qui, avant la rétrocession en 1997 avait été choisi par Pékin pour rédiger la Loi fondamentale qui sert de mini-constitution dans la région semi-autonome. Tous deux ont été condamnés à des peines de prison assorties d'un sursis.

La plupart de ces vétérans de l'opposition hongkongaise, souvent des apôtres de la non-violence, ont passé des décennies à se mobiliser en vain pour l'instauration d'un véritable suffrage universel.

Parmi les autres militants figuraient des membres du parti travailliste ou du Front civil des droits de l'Homme (CHRF), coalition qui avait organisé les plus grandes manifestations en 2019.

Des sympathisants, des proches, des journalistes et des diplomates - représentant l'Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Suède, l'Australie, l'Allemagne et la France - ont assisté à l'audience.

Les manifestations de 2019 ont régulièrement dégénéré en affrontements avec la police anti-émeute. En réponse à ce mouvement, Pékin a imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale et une vaste campagne de répression à l'encontre de la dissidence. La pouvoir chinois a également adopté une réforme radicale du système électoral de Hong Kong, qui marginalisera totalement l'opposition.