"Suspendre les activités de MSF pourrait mettre en danger les vies de nos patients à un moment où les services publics demeurent gravement perturbés", a fait valoir l'ONG.

MSF a précisé avoir reçu une lettre des autorités régionales à Dawei, où elle soigne des malades du sida depuis deux décennies, "demandant la suspension de toutes les activités".

La presque totalité des hôpitaux demeurent fermés comme conséquence du coup d'État de février, de nombreux médecins ayant adhéré à une grève générale.

MSF a expliqué aux autorités qu'elle cherchait à "comprendre" une décision qui pourrait avoir des conséquences gravissimes pour 2.162 personnes porteuses du virus du sida et suivant des traitements antirétroviraux, ainsi que pour la lutte contre la tuberculose.

L'ONG a demandé aux autorités à Dawei - ville du leader de la junte Min Aung Hlaing - de revenir sur leur décision.

Le rapporteur spécial de l'Onu sur la situation des droits humains en Birmanie a averti mardi que la faim et les maladies risquaient de provoquer des "morts en masse" après les combats dans l'Est de ce pays.

La Birmanie est dans la tourmente et son économie paralysée depuis le coup d'État militaire du 1er février et la brutale répression de toute contestation a tué plus de 800 personnes, selon une ONG locale qui recense les victimes.

Des affrontements ont éclaté en plusieurs points du pays et des habitants ont parfois formé leurs propres "forces de défense" en particulier dans les quartiers particulièrement frappés par la répression.