Des procédures judiciaires débutent ce lundi à Hong Kong pour 15 activistes pro-démocratie arrêtés récemment lors d'actions policières pour brider les agissements du mouvement. Parmi les 15 personnes arrêtées le 18 avril, le fondateur d'un tabloïd populaire pro-démocratie et géant des médias, Jimmy Lai, ainsi que le fondateur du parti démocratique Martin Lee QC. Les accusations portent sur les violations des decrets relatifs à l'ordre public en participant à des assemblées le 18 août, le 1er octobre et le 18 octobre de l'an passé.

Certains sont aussi sous le coup d'autres accusations dont l'annonce d'une marche non autorisée en septembre et octobre.

Depuis janvier, la pandémie de Covid-19 a ralenti les protestations à Hong Kong, avec des législations relatives à la distance sociale facilitant l'interdiction des rassemblements de masse. Un moratoire sur les rassemblements reste en place et rend l'approbation d'évènements par la police difficile.

L'ancienne colonie britannique a passé le cap des 12 mois de protestations anti-gouvernementales le 9 juin. Une foule immense était alors descendue dans les rues pour s'opposer à un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Le politicien Avery Ng, un des activistes poursuivi lundi, assure être assommé par les procédures. "Je m'attends au pire", déclare-t-il à l'agence DPA. "La législation de sécurité nationale ne nous affecte peut être pas encore maintenant, mais le moindre discours ou appel à l'action pourrait être basé sur la législation chinoise. Ils peuvent donc continuer à pousser pour que d'autres charges soient retenues contre nous".

Ce mois-ci, le parlement hongkongais a approuvé un projet de loi controversé qui criminalise les outrages à l'hymne chinois, "La marche des volontaires".

Le camp pro-démocratie voit cette loi comme une nouvelle arme de Pékin pour tenter de museler la dissidence et empiéter sur la liberté d'expression et les droits plus importants dont jouit Hong Kong par rapport à la Chine continentale.