L'épidémie de coronavirus s'étend de manière impressionnante à travers le monde. En Iran, 54 personnes sont mortes selon les sources officielles. Elles seraient même plus de 200, a rapporté le service persan de la BBC. C'est quoi qu'il en soit le bilan le plus lourd après la Chine.

Même si le chiffre relevé par la BBC a été démenti samedi par le ministère iranien de la Santé, des experts internationaux accusent Téhéran d'un manque de transparence vis-à-vis des chiffres réels liés à l'épidémie de coronavirus. L'étendue réelle de l'épidémie pose question dans ce pays. Selon Bloomberg, l'Iran se préparer à tester des "dizaines de milliers de personnes" en raison du nouveau coronavirus.

Cette semaine, l'ONG Reporters sans Frontières s'est jointe au concert de critiques contre Téhéran sur cette crise, accusant le régime de dissimuler des informations sur la propagation du nouveau coronavirus.

"Ne vous approchez pas je suis malade"

Sur le réseau social Twitter, des vidéos montrant des Iraniens s'effondrer dans la rue circulent. Certains tombent au sol sous le poids de leurs corps las ou à la suite d'une quinte de toux. L'une d'elles montre un enfant malade, à bout de force, qui peine à respirer puis s'écroule sur un véhicule en stationnement, dans une rue de Téhéran. Une autre montre un homme à genoux, manifestement infecté par le coronavirus, qui s'adresse aux passants en criant: "Ne vous approchez pas, je suis malade". Ensuite, deux hommes en combinaisons médicales l'emportent sur une civière.

"Ne pas apparaître en position de faiblesse"

" Les autorités affirment contrôler la situation, mais refusent de publier le nombre exact des personnes infectées et décédées ", estime l'ONG Reporters sans Frontières. Samedi, le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour a réagi à ces critiques en accusant les médias étrangers de diffuser de fausses informations. " Chez les radicaux en Iran, il y a une obsession de ne pas donner d'arme à l'ennemi et de ne pas apparaître en position de faiblesse ", analyse pour l'AFP, Thierry Coville, spécialiste de l'Iran à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

" Parler du coronavirus sera bientôt considéré comme troubler l'opinion publique, agir contre la sécurité nationale et insulter le président! ", s'inquiète pour sa part Assieh Bakeri, une Iranienne, sur Twitter.

Pour rappel, plusieurs personnalités de la classe politique iranienne ont été testés positifs au coronavirus. Parmi eux, le vice-ministre de la santé, Iraj Hararchi, deux députés et la vice-présidente chargée des femmes et des Affaires familiales, Masoumeh Ebtekar.

Dans une interview accordée à La Libre Belgique, une hôtesse de Ryanair coincée à Téhéran évoquait une pénurie de masques, de produits antiseptiques et désinfectants. Pourtant, le nord de la capitale iranienne fait partie des territoires les plus contaminés en Iran.